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Corporate Girl Power

Bonheur et Travail

1/2/2018

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Les chiffres les plus récents sur la parité homme-femme au travail sont plutôt alarmants. Les femmes accèdent en moyenne moins aux postes à responsabilité, elles continuent à gagner environ 15% de moins que leurs homologues masculins et elles restent les principales victimes du travail précaire. Pourtant, un phénomène demeure étonnant : alors que l'immense majorité des femmes ont tout à fait conscience de ces inégalités, elles sont relativement peu à tenter d'y remédier concrètement dans leurs entreprises. Comment expliquer que la lutte pour l'égalité des salaires ne soit pas une lutte collective des femmes dans toutes les organisations ? Ne serait-il pas venu le temps du corporate girl power ?

En effet, un constat s'impose : les conditions de travail des femmes ont profondément évolué ces cinquante dernières années, et elles sont de plus en plus à accéder à des postes à responsabilités et à faire des carrières remarquables. Pourtant, dans la majorité des entreprises, elles sont peu à faire preuve d'une véritable solidarité pour obtenir la parité salariale. La lutte pour un salaire égal semble plutôt être l'objet d'une lutte individuelle jusque-là. On remarque en effet que pour les femmes qui prennent un ou plusieurs congés maternité dans une période de cinq ans, leur salaire à leur retour aura bénéficié des augmentations générales de salaires, mais pas d'augmentations individuelles, à moins qu'elles en fassent la demande sans attendre. Conséquence de cela : un écart constaté de plusieurs centaines d'euros après la période de cinq ans. Néanmoins, une demande d'augmentation individuelle après une période de congé peut être mal reçue de la part des collègues, qui l'estiment souvent non méritée. Même de la part de collègues féminines. Les mentalités devront sûrement évoluer sur ce point afin de permettre la parité salariale dans toutes les entreprises.

Cependant, il est encore plus surprenant de ne pas voir se constituer de solidarité entre femmes au sein d'une même entreprise. La solidarité féminine a en effet plutôt tendance à se pratiquer entre amies ou personnes de son entourage direct, divisant ainsi la communauté que pourrait former les femmes. Ainsi, on constate que les portraits de femmes à responsabilité ont tendance à être très homogènes dans les représentations : cantonnées au cliché de l'autoritarisme, de l'intraitabilité, les personnalités politiques, les cheffes d'entreprises ou personnalités du showbiz se retrouvent souvent isolées du reste des femmes. Pourtant, elles sont d'autant plus observées et sanctionnées en cas de faute. Il y a donc un état de fait paradoxal : d'un côté, les femmes aspirent à l'égalité des salaires et des responsabilités pour toutes, de l'autre elles tendent à se désolidariser de celles qui réussissent.

C'est pourquoi, les entreprises d'aujourd'hui auraient tout intérêt à encourager la solidarité féminine, car c'est souvent par manque de modèle et d'aspiration collective que les femmes n'osent pas réclamer un traitement égal à leurs homologues masculins. La solidarité féminine est en effet un constat de la dépendance réciproque des femmes les unes vis-à-vis des autres, qui conditionne leur réussite collective dans le champ professionnel, mais aussi dans des sphères plus privées. Depuis 2000, prenant conscience de la nécessité de créer de la solidarité féminine dans les entreprises se sont ainsi crées les Réseaux Féminins, qui sont aujourd'hui une force d'accélération des femmes dans les milieux professionnels.

 

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