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Égalité des chances : ça veut dire quoi

Bonheur et Travail

3/17/2019

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La définition de l’égalité des chances

Définir l’égalité des chances n’est pas chose facile car dans l’expression “égalité des chances”, il y a le terme “égalité” qui, lui-même, fait l’objet de plusieurs définitions et de plusieurs conceptions !

L’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) française dispose que “les hommes naissent et demeures libres et égaux en droits”.

Dans l’acceptation commune, traiter les individus avec égalité consiste à les traiter de la même façon, sans distinction de sexe, d’origine ethnique ou sociale. Ainsi, selon la DDHC, tous les individus auraient les mêmes droits, des droits inaliénables par le simple fait d’être nés en tant qu’humains, peu importe le pays dans lequel ils vivent. Parmi ces droits, il y a par exemple le droit de vote, le droit à la propriété individuelle, le droit à l’éducation, le droit à la santé etc.

Bien entendu, tous ces droits ne sont pas forcément respectés partout dans le monde et lutter pour les droits de l’homme est une lutte quotidienne que beaucoup d’hommes et de femmes politiques, activistes et ONGs portent à l’international.

Egalité des chances : ça veut dire quoi ?

Parler d’égalité des chances est directement en lien avec cette égalité de droits et en même temps cette notion la dépasse. Au-delà de dire que les individus devraient avoir les mêmes droits, l’égalité des chances signifie que les individus devraient aussi avoir les mêmes chances, c’est-à-dire les mêmes opportunités face à l’avenir, pour se développer et gravir l’échelle sociale. Par exemple, si tout le monde devrait avoir le droit d’accès à l’éducation, tout le monde devrait aussi bénéficier de la même qualité d’éducation pour que chacun ait les mêmes chances de réussir.

Le philosophe français André Comte-Sponville définit l’égalité des chances comme telle :

"L'égalité des chances, c'est le droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance, ni de la malchance. C'est le droit égal, pour chacun, de faire ses preuves, d'exploiter ses talents, de surmonter, au moins partiellement, ses faiblesses. C'est le droit de réussir, autant qu'on le peut et qu'on le mérite. C'est le droit de ne pas rester prisonnier de son origine, de son milieu, de son statut. C'est l'égalité, mais actuelle, face à l'avenir. C'est le droit d'être libre, en se donnant les moyens de le devenir. C'est comme une justice anticipée, et anticipatrice : c'est protéger l'avenir, autant que faire se peut, contre les injustices du passé, et même du présent."

Egalité, égalité des chances et équité

Dans cette définition d’André Comte-Sponville, on comprend que la notion d’égalité des chances se rapproche parfois de la définition de l’équité.

Certaines personnes différencient l’égalité de l’équité, dans le sens où l’égalité consisterait à traiter tous les individus de la même manière, en supposant donc que tous les individus sont similaires et ont les mêmes besoins. L’équité consiste plutôt à ajuster les moyens en fonction des besoins des individus, en partant du principe que nous sommes différents.

Concrètement, imaginez que trois personnes de taille différente veulent regarder un match de baseball en se situant derrière un mur. Les trois personnes sont de taille différente et aucune d’entre elle n’est assez grande pour voir au-dessus du mur et regarder le match derrière. On leur donne à toutes les trois la même caisse en guise de marche-pied pour leur permettre de voir au-dessus du mur. Les trois individus sont dans une situation égale puisqu’ils ont tous les trois reçus la même caisse. Mais les trois individus ne sont pas égaux vis-à-vis du match car celui qui était le plus grand peut maintenant regarder grâce à la caisse mais celui qui était le plus petit ne peut toujours pas voir au-dessus du mur avec une seule caisse… L’équité consiste dans cette situation à donner à la personne la plus petite, c’est-à-dire en quelque sorte la plus “handicapée”, deux caisses au lieu d’une afin qu’elle aussi, puisse voir le match.

Egalité des chances et discrimination positive

On associe souvent la notion d’égalité des chances et d’équité avec celle de la discrimination positive. La discrimination positive peut être une politique, une mesure ou une loi qui vise à donner un traitement préférentiel à certains individus. Ce traitement préférentiel est qualifié de “positif” dans le mesure où il permet à ces individus de rattraper leur handicap dans une situation inégalitaire.

Par exemple, imposer des quotas pour qu’autant de femmes que d’hommes soient représentées dans un groupe est un exemple de discrimination positive pour établir l’égalité homme-femme. Autre exemple : donner du temps supplémentaire à un élève handicapé pour passer un examen pour qu’il puisse avoir les mêmes chances que les autres de réussir.

La notion d’égalité des chances n’est pas sans soulever de nombreux débats. En effet, certains pensent que la discrimination positive ne résout pas les inégalités mais en créent d’autres. D’autres personnes questionnent l’égalité sous l’angle de la justice : est-il vraiment juste de donner plus à certains et pas à d’autres ? Et vous, êtes-vous plutôt pour ou contre l’égalité des chances ?

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