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Ces cadres qui se réorientent vers l'ESS

8/17/2016

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Maxime Nerguisian

Si vous vous rendez dans certains incubateurs de start-ups, que vous allez aux conférences-cocktails où l’on rêve de changer le monde grâce à toutes sortes d’innovations sociales et environnementales ou que vous vous demandez en quoi consiste ce projet de reconversion professionnelle évoqué au déjeuner familial dimanche dernier par votre belle-sœur, cadre dans la finance à la Défense…Ne cherchez plus, vous avez croisé des spécimens de moins en moins rares : « ces cadres qui veulent se réorienter vers l’Economie Sociale et Solidaire. »

Et vous n’êtes pas le premier à vous intéresser au sujet, car c’est là l’intitulé précis d’une étude d’octobre 2015 menée par l’Apec (Association Pour l’Emploi des Cadres) et le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers).

Sociologie de ces cadres sociaux et solidaires

Professionnels de tous horizons, généralement issus d’un milieu plutôt favorisé, ils cherchent à corriger les biais de leur orientation initiale dans la vie professionnelle, alors encore influencée par leur cadre familial. Tous posent le travail sinon au centre, en tous les cas à une place privilégiée dans leur vie. L’étude affine ainsi l’analyse en distinguant trois types de cadres :

Les « aventuriers » : qui cherchent à se découvrir personnellement au travers de leur travail et multiplient en cela les expériences atypiques.

Les « militants » : qui cherchent l’adéquation entre leur travail et leurs idées citoyennes, assimilant même leur travail à un moyen de promouvoir ces idées.

Les « ambitieux » : en quête de mobilité ascendante ainsi que de reconnaissance.

Une reconversion-réaction et une reconversion-affirmation

Pourquoi ces professionnels souvent bien avancés dans leur carrière, jouissant d’un bon positionnement hiérarchique et de tous les avantages associés, choisissent-ils de tout quitter pour l’ESS ? L’étude relève deux raisons qui se nourrissent l’une l’autre.

D’abord, il s’agit d’une réaction contre des expériences professionnelles à caractère traumatique. « Chaque histoire est singulière, mais on note que la première cause des intentions de changement est liée à des réorganisations ou des changements de direction ou dans les stratégies de management des entreprises, perçus comme dégradant l’activité professionnelle. »

Mais au-delà de ce déclic, la reconversion dans l’ESS n’est pas une simple fuite en avant. Elle révèle une réelle volonté d’affirmation de soi à travers le choix d’un secteur aux valeurs démocratiques et humanistes. En effet, pour ces cadres, l’ESS représente une « alternative sérieuse au capitalisme », la promesse d’une société qui s’améliorerait en profondeur. La coopération portée et mise en pratique au sein de ce secteur, pensent-ils, aboutit d’ailleurs à divers innovations sociales et techniques solides.

Pas de long fleuve tranquille mais…

En plus de l’éventualité d’une baisse de salaire, l’ESS suscite bien sûr des craintes.

Celles-ci peuvent être conceptuelles comme « des interrogations sur le pouvoir réel de ces structures [les associations de l’ESS] et sur le soutien que les pouvoirs publics y apportent » ou pratiques : « on ne sait pas réellement ce qui permet de s’insérer et d’évoluer » dans l’ESS.

Mais apparemment le jeu en vaut la chandelle pour ces cadres qui aspirent à :

  • S’exprimer et se dépasser de façon authentique au travers de divers projets et mieux maîtriser leur rythme de vie.
  • Tirer parti de leur potentiel et de leurs compétences grâce à un contexte de collaboration.
  • Être en accord avec leur éthique personnelle, le fameux argument du métier qui a du sens.

Le mode opératoire

Cette reconversion bien réfléchie est aussi habilement dirigée. L’engin moteur ? La formation, perçue comme « un sésame d’intégration, un signe fort lancé aux employeurs, qui manifeste une adhésion aux principes du secteur ».

C’est ainsi qu’un certain nombre de formations apparaissent depuis quelques années, comme le Diplôme d'Université Business Management Parcours Entrepreneur Social de Paris Dauphine par exemple. En 2012, l’Observatoire national de l’ESS identifiait 47% des étudiants dans les cursus liés à l’ESS comme des étudiants en formation continue.

Mais la formation peut aussi se faire directement sur le terrain, et des start-ups, comme OnPurpose par exemple, se développent en proposant à ces cadres de mettre la main à la pâte grâce à deux CDD de 6 mois dans des entreprises de l’ESS.

Des efforts qui ont de grandes chances d’être récompensés puisque, selon cette même étude, « l’ESS devrait connaitre un grand nombre de recrutements d’ici 2020 ».

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