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Choisir son orientation : questionner les modèles existants

Futur et Travail

1/13/2020

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Pourquoi on se trompe lorsqu’on parle de “choisir son orientation”

Une orientation peut se choisir à un moment donné, généralement à un instant-clé où nous avons à choisir une voie. Mais pourquoi parle t-on d’un choix qui semble définitif alors même que la vie professionnelle au XXIème siècle n’a jamais été aussi variée, diverse, et évolutive dans le temps ?

Choisir son orientation : questionner les modèles existants

En effet, la dernière édition de l’étude d'ADP, leader mondial de la gestion RH, montre que les Français sont particulièrement enclins à avoir des carrières très variées en termes d’employeur (à retrouver sur cet article : http://www.influencia.net/fr/actualites/tendance,etudes,francais-sur-deux-pense-changer-employeur-ici-5-ans,9604.html). ADP étudie chaque année les comportements des salariés face au monde du travail actuel ainsi que leurs attentes vis-à-vis de l’évolution des environnements de travail. Or pour ce qui est de choisir son orientation, certes un premier choix s’opère à la sortie de l’école mais 29% des millenials 36% de la Génération Z déclarent vouloir changer d’entreprise d’ici deux ans. Ces générations dont le goût pour le changement et la volonté de sortir des sentiers battus challengent l’expression consacrée de “choisir son orientation.” Comparativement, près d’un tiers des plus de 45 ans souhaitent eux, travailler plus de cinq ans pour leur employeur actuel et un tiers jusqu’à la fin de leur carrière professionnelle. Ce qui montre bien que la versatilité est la marque des nouveaux arrivants sur le marché du travail, les millenials. Un décalage générationnel s'observe : si les quarantenaires ont pu choisir une orientation, les millenials, eux, ont du mal avec la notion de choix.
Par conséquent, pourquoi parler de choisir son orientation alors même que la trajectoire n’est plus linéaire, et que passer 20 ans dans une même entreprise paraît désormais une hérésie ?

Choisir son orientation : comparaison du modèle anglo-saxon et français

Si la notion de choisir son orientation change donc une fois arrivé dans le monde professionnel, il est aussi intéressant de se pencher sur les modèles d’éducation. On peut par exemple questionner le modèle français. En effet, le modèle français scolaire incite à choisir son orientation rapidement, à choisir une seule et unique voie : il s’agit des fameuses sections “littéraire” ou scientifique” l’entre-deux étant, pour des raisons floues, la section “économique et sociale” au lycée. Dans les modèles anglo-saxons, ce système n’est pas le même. On incite ainsi les élèves à faire tout autant de la littérature, que de la science, de la philosophie que de l’économie. Le tout, en mixant les matières. Ainsi lorsque les étudiants sont à l’université (par exemple aux Etats-Unis ou en Angleterre) ils ont le droit à une “majeure” la matière qui les intéressera le plus, et une “mineure”, souvent une matière pour essayer quelque chose dont on n’est pas tellement sûr. Par conséquent, choisir son orientation dans ce système-là n’a pas le même sens, puisqu’il est possible d’essayer des combinaisons improbables : étudier l'architecture en même temps que la biologie, la musique en même temps que des cours sur l’histoire des religions, et donc, in fine, choisir son orientation de manière beaucoup plus libre, en fonction des appétences développées pendant ces années de développement personnel. Ce type de système favorise les profils pluridisciplinaires, bien plus qu’en France où les employeurs ont tendance à penser en silo et en compétences cloisonnées. Néanmoins, les lignes bougent à mesure que le marché du travail prend de plus en plus en compte les soft skills, les compétences de demain, car nous sommes entrés dans l’ère de l’empathie (https://www.lemonde-apres.com/fr/blog/marche-du-travail-en-2019-recrute-des-competences)

Par conséquent l’orientation ne se choisit pas mais se vit : à l’heure de l’ère de l’empathie qui valorise les soft skills et de la richesse des parcours des millenials, les profils pluridisciplinaires émergent pour former une nouvelle norme. “Choisir son orientation” admet donc d’autres définitions, puisqu’il ne s’agit plus seulement de choisir une voie unique mais plutôt la voie qui permettra d’ouvrir d’autres ramifications et champs d’expériences de vie autant que professionnelles.
 

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