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Comment les neurosciences cognitives façonnent le management de demain

Futur et Travail

10/12/2020

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Les neurosciences cognitives et l’intelligence relationnelle

Mieux collaborer avec ses collègues, faire du relationnel une force dans le travail, sont des problématiques au coeur des entreprises. Depuis quelques années, plusieurs disciplines ont fait leur chemins pour répondre à ces problématiques : la place des sciences humaines est de plus en plus valorisée, comme le souligne François Goulard, lors de l'inauguration du colloque organisé par l'ANVIE sur le thème de "L'apport des sciences humaines et sociales. Explorer de nouvelles voies pour l'entreprise". Mais les neurosciences cognitives ont également pris une place grandissante dans l’entreprise, et plus précisément au chevet des techniques managériales. Mais que se cache t-il derrière l’intimidant préfixe “neuro” ? 🧠

Tout d’abord, il faut garder en tête que les neurosciences font partie des sciences cognitives. Celles-ci se regroupent 6 disciplines distinctes : la philosophie, la psychologie, la linguistique, l’anthropologie, l’intelligence artificielle et enfin les neurosciences. Elles s’attachent à comprendre le fonctionnement du cerveau et du comportement humain, via des méthodologies propres à chacune d’elle. Les recherches en neurosciences cognitives sont alors très intéressantes pour aider le fonctionnement des entreprises, puisque les recherches sur la neuroplasticité (la capacité du cerveau à remodeler ses connexions en fonction de l'environnement et des expériences), les neurones miroirs (ceux de l'empathie et de l'apprentissage par imitation), ou encore le fameux cerveau social (les relations aux autres) ont un impact grandissant sur le management et la possibilité d’interagir avec ses équipes pour réduire le stress et stimuler la créativité de ses équipes. La cognition désigner tout ce qui nous permet d’apprendre et d’utiliser de nouvelles connaissances, c’est-à-dire l’usage de la mémoire, la capacité d’attention, le raisonnement, la capacité à résoudre des problèmes, l’apprentissage, etc. Des fonctions essentielles pour interagir avec notre environnement. 💬

Mais pour Jean-Marie Lledo, chercheur en neurosciences cognitives « il s'agit d'adapter le monde du travail au fonctionnement cérébral plutôt que l'inverse ». Dans sa conférence, il souligne l’importance d’adopter un nouveau regard sur le vivre ensemble, et pour cela, le “manager neuro-amical” a un rôle à jouer, le manager neuro-amical, c’est celui qui “prend soin de son cerveau et du cerveau des autres” grâce aux concept des neurosciences cognitives.

Or aujourd’hui, c’est particulièrement parce que le vivre ensemble en entreprise est challengé que les nouvelles générations sont parfois perçues comme incompréhensibles. Les neurosciences ont un rôle à jouer dans l’appréhension de l’autre, précisément lorsque les générations ne se comprennent plus, lorsque la génération Z, ou les millenials, attachent d’autres valeurs au travail que leurs prédécesseurs.

Neuroleadership, la fin du micro management ?

La naissance d’un “neuroleadership” n’a donc rien d’un hasard : aujourd’hui, face à des employés productifs mais de moins en moins engagés et motivés. En effet, comme le montre cette étude de 2018 de Gallup, le taux d'engagement des salariés français est parmi les plus bas du monde : seulement 6 % se disent motivés par leur emploi, contre 20 % qui se déclarent à l'inverse totalement désengagés… Face à cela, la connaissance des neurosciences cognitives peut changer la donne pour donner de nouvelles lignes directrices aux managers. En comprenant mieux leurs équipes, ils sont capables de nuancer leur management : comprendre le fait que le cerveau se détruit par la routine et se nourrit du changement, se faire confiance à ses collaborateurs plutôt que les pousser à la motivation, ne pas attendre de créativité à tout prix dans des processus automatiques qui n’y sont pas propices, accorder des pauses totalement déconnectées, sont des principes qui permettent l’émergence de moments précieux de vagabondage intellectuel et de calme qui font plus facilement émerger les idées créatrices. 🌻

Pour les managers, la formation aux neurosciences cognitives serait donc un véritable levier pour un environnement de travail « neuro-bienveillant » : déléguer, accorder de l'autonomie, accompagner sans suivre… sont à portée de main grâce aux neurosciences cognitives, notamment en finir avec le micro management, mais aussi afin d'entretenir une productivité et une ambiance de travail productive.
 

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