Logo OpenWork
'

Connectez-vous, déconnectez-vous !

Futur et Travail-Bonheur et Travail

4/3/2018

0 commentaire(s)

            La loi touchant au droit à la déconnexion au travail, c’est-à-dire l’article 55 de la loi travail, est entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Il est donc temps de fêter son premier anniversaire ! Mais que signifie-t-elle, au juste ? Et surtout, qu’est-ce que cette loi a vraiment changé ?

Cet article concerne plus précisément les « dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé, ainsi que de la vie personnelle et familiale ». En bref, c’est un outil de prévention contre les intrusions intempestives des outils numériques hors du temps de travail. Nous avons tous vécu cette situation ; une fois nos horaires terminées, nous reprenons notre portable dans les transports et consultons nos mails… avant de nous en rendre compte, nous sommes déjà de retour au travail, à 22h, 23h.

Concrètement, ce n’est pas une loi permettant d’action pénale. Elle ne s’oppose en rien à l’emprise que le téléphone portable peut avoir sur la vie d’un travailleur… Selon une étude Eléas de 2016, 37% des actifs utilisent les outils numériques professionnels hors temps de travail et 62% des actifs réclament une régulation des outils numériques professionnels. Mais l’apparition du droit à la déconnexion dans le registre législatif permet d’alimenter le débat. Et ce débat est un premier pas vers l’intégration de comportements plus humains en entreprise.

Il faut le dire, ce problème touche avant tout les managers ; et ce sont eux aussi qui en sont la cause la plus identifiable. En effet, on estime que 20% des managers sont responsables pour 80% de la connexion hors des horaires de travail. Et ce sont encore les managers qui doivent superposer deux journées : non seulement en réunion et entre les équipes, mais aussi à traiter les mails et les appels. C’est donc la culture d’entreprise qu’il faut repenser pour résoudre le problème, pas seulement une loi.

Quelques groupes intègrent peu à peu le changement, avec une lenteur parfois frustrante. Il n’existe pas de solution miracle, loin de là. En effet, certains groupes préfèrent le système d’une charte, comme Orange ou Solvay ; chez Volkswagen, les horaires même hors du temps de travail sont comptabilisées ; Renault a mis en place un délai de réponse en fonction de l’importance d’un mail, tandis que Daimler a adopté le « mail on holiday », la déconnexion totale étant encouragée en période de vacances.

Mais les actions collectives ne commencent-elles pas chez l’individu même ? Alors, pour faire valoir vos droits, connectez-vous, déconnectez-vous !

Que pensez vous de cet article ?