De la liberté d’être heureux au travail : l’histoire de Laurence Vanhée

Bonheur et Travail

4/5/2016

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Jean-Hugues Zenoni

Ancienne Chief Happiness Officer de la Sécurité Sociale belge, Laurence Vanhée a eu l’occasion de « tester » grandeur nature ce que c'est d'être heureux au travail. Après une carrière de jeune businesswoman à succès pour de grandes entreprises soldée par un burn-out, sa conviction est simple : c’est la liberté qui rend les gens heureux !

De la liberté d’être heureux au travail : Qu’est-ce que cela donne en pratique ?

Laurence Vanhée est bien consciente que le bonheur des uns n’est pas le bonheur des autres ; comment faire pour ne pas susciter autant de définitions du bonheur au travail que de salariés ? Elle raconte dans une conférence Tedx sa prise de conscience : « Il faut que je vous laisse la liberté de définir ce qui va contribuer à votre bonheur ».

Et la liberté se décline sous plusieurs formes au ministère.

La liberté de gérer son temps d’abord : les salariés fixent eux-mêmes leurs emplois du temps selon leurs priorités professionnelles et leur vie privée. Notre directrice générale du bonheur avait choisi, par exemple, de n’être officiellement disponible qu’à partir de 10h pour pouvoir emmener son fils à l’école.

La liberté de travailler où l’on veut : les locaux du ministère sont à disposition à raison de six bureaux pour dix personnes. Mais ils peuvent aussi travailler en télétravail à raison de 3 jours par semaine, solution qui plaît à 92% de l’effectif.

Cette marge de manœuvre importante laissée aux fonctionnaires suppose un nouveau rapport entre eux et leur hiérarchie. Laurence Vanhée va ainsi jusqu’au bout de son raisonnement : il faut cesser de traiter les collectifs et les individus comme des enfants non seulement en leur donnant plus de liberté mais aussi en leur faisant réellement confiance.

C’est pourquoi :

  • Les salariés travaillent sur les projets de leur choix, « fini les désignés volontaires par le Comité de Direction ».
  • Les équipes fixent elles-mêmes leurs objectifs. Et, non, cela ne signifie pas la fin des efforts pour tout le monde car les équipes évaluent tout de même leur performance selon la quantité, la qualité et l’attitude par rapport aux résultats.
  • Les évaluations individuelles, moment pour le moins stressant de la fin d’année, sont supprimées : seules les équipes sont jugées sur l’atteinte de leurs objectifs.

Attention, même la liberté ne peut totalement s’affranchir de règles

Laurence Vanhé a voulu la sienne unique et a priori évidente : ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre. Pour que sa philosophie du bonheur au travail fonctionne, l’organisation demande à chacun un certain seuil de souplesse par rapport à l’autre. Je suis libre tant que je n’empêche pas l’autre de travailler : si exceptionnellement, un collaborateur a besoin de Laurence à 9h par exemple, elle se rendra disponible ce jour-là.

Une vision idéaliste ou une idée qui a de l’avenir ?

Quand on jette un œil aux indicateurs du bonheur, il est difficile de rester insensible à la méthode : les économies de frais de location s’élèvent à 12 millions d’euros par an, la consommation énergétique, la maintenance et le nettoyage ont été divisés par deux, les grèves ont disparu, le taux de démissions a baissé de 75%, la productivité a augmenté de 20%, les candidatures spontanées de 500% pendant quatre ans, 50% des leaders sont des femmes, 74% des salariés utilisent les plateformes collaboratives quelles que soient leurs affinités premières avec les nouvelles technologies... Mais la cerise sur le gâteau est encore plus époustouflante : lorsque Laurence Vanhée a démissionné pour créer sa propre entreprise, le ministère avait atteint un tel équilibre dans son fonctionnement qu’il n’a jamais eu besoin de la remplacer !

Preuve ultime que la recette ne dépend pas du chef…alors, qu’est-ce qu’on attend pour être heureux au travail ?

 

Références

TedX Alsace

L'exemple de la Sécurité Sociale Belge

Le Bonheur au Travail, film documentaire de Martin Messonnier

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