Distraction : comment la réduire au maximum pour gagner en productivité

Bonheur et Travail

8/24/2020

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Si on considère l'étymologie du terme travail (tripalium signifiant le joug), on se rend compte que le travail est souvent considéré comme la chose la moins naturelle au monde. Aussi, la distraction semble signifier une reprise en main de l'activité naturelle sur l'activité artificielle du travail.

Pourtant, le travail vise la productivité, et la distraction pourrait être un obstacle à cette productivité. La distraction peut prendre de multiples formes, du fait de consulter rapidement son portable pour voir s'il n'y a aucun message, au fait de complètement se déconcentrer et faire autre chose. La distraction apparaît comme la clef du bonheur : un travail où il n'y aurait aucun moment de déconnexion serait fastidieux, et ne favoriserait pas la production. Pour que le travail soit productif, il apparaît nécessaire de réduire les moments de distraction, mais d'en conserver néanmoins, qui soient très ciblés et très profitables. Nous allons essayer de voir comment faire.

Des distractions nécessaires au travail, dont il faut réduire le temps pour favoriser la concentration

Certaines distractions apparaissent nécessaires au sein même du travail, voire en font partie. Répondre à ses mails professionnels, répondre à ses textos professionnels, discuter avec un collègue au sujet d'un travail à faire peut être considéré comme une distraction, dans la mesure où il s'agit d'une interruption du travail afin de parler d'un sujet qui est directement lié au travail en cours.

Ce temps de distraction doit être pris en compte dans le travail. Il s'agit de réserver une partie horaire consacrée à la réponse aux mails, aux SMS professionnels, ou aux travaux de groupes entre collègues, communément appelés office hours. Si ce temps parvient à être convenablement trouvé, alors la productivité pourra en être accrue : le temps consacré à la réponse des courriers électroniques et aux travaux de groupes sera très circonscrit, et participera à la productivité globale.

Apprendre à ne pas s'occuper des choses inutiles pendant le travail

Les distractions ne se limitent néanmoins pas aux seules réponses de courriers électroniques ou aux seuls travaux de groupes. Bien loin de ne concerner que des tâches qui peuvent s'inclure dans le travail, une distraction peut plus généralement être considérée comme un moment de déconcentration globale, où on ne s'occupe plus du travail à proprement parler, mais d'autre chose.

Selon une étude de salary.com, de nombreux employés ne tirent pas le maximum de leur journée au bureau. Plus de la moitié des employés perdent entre 30 minutes et une heure par jour, là où environ un employé sur six perd plus d'une heure par jour de temps où il pourrait travailler. Le temps perdu à se distraire est souvent mal utilisé, pour se déconcentrer, et nuit gravement à la productivité. L'utilisation de nouvelles technologies entrave gravement la concentration. Une étude, datée de 2010, menée par deux psychologues de Harvard, A. Killingsworth et Daniel T. Gilbert, semble, de manière étonnante, démontrer que la concentration augmente à court terme le bien-être au travail et le bonheur. Ainsi, il est bon d'apprendre à ne pas s'occuper des choses inutiles, de se consacrer exclusivement au travail qu'on a à faire, de mettre de côté les préoccupations futiles, qui n'ont pas de lien avec la vie professionnelle, pour réaliser la mission qui est donnée. L'achèvement de cette mission, loin de toute distraction futile, parvient à augmenter la joie émanant de son accomplissement. La productivité, par ailleurs, en est très largement accrue.

Réserver un moment de pause nécessaire au bien-être

Cependant, il est aussi généralement admis que les pauses sont nécessaires. La pause peut augmenter la productivité, puisqu'elle permet au cerveau de mieux stocker les informations qu'il reçoit. D’après Edwin Robertson, neurologue à la Harvard Medical School, notre cerveau a besoin de vingt minutes pour traiter et stocker des informations dans la mémoire. Mais si l'on fait plusieurs choses en même temps, ces performances diminuent. Ce surrégime entraîne en effet un manque de recul sur son travail. Il semble donc que la distraction soit quand même nécessaire, pour assurer une productivité significative dans son travail. Le temps de pause, pour prendre un café, pour fumer une cigarette, pour sortir faire une promenade, est très important.

Distraction : comment la réduire au maximum pour gagner en productivité

Ces distractions sont nécessaires et permettent au cerveau de pouvoir respirer. Un pays, la Suède, a même poussé cette logique jusqu'à son paroxysme, en 2017, en songeant à inclure dans l'emploi du temps professionnel une heure de pause sexe, dans la pensée que faire l'amour pendant le temps de travail serait une distraction qui permettrait d'augmenter au total la productivité. In fine, même si la distraction peut gravement porter atteinte à la productivité, en ce sens qu'elle peut paraître comme une déconcentration, il n'en reste pas moins qu'elle reste nécessaire, le cerveau ayant besoin de moments pour ne plus penser au travail, et pour revenir, après la pause, plus concentré, plus productif.

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