Et si nous avions fini par nous convaincre que c’était la crise ?

Economie et Travail

6/23/2014

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Fabien Salicis

C'est la crise ! Tout le monde le dit ! Tout va mal ! En politique, on cherche à trouver des solutions, on annonce la récession, on annonce des mesures d'austérité, etc.

Les solutions amenées sont toutes contestées, on ne trouve pas la solution à la crise, les contestations grandissent et nous sommes perdus dans nos modèles actuels...

crise

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Pourtant, une chose est certaine: nous vivons actuellement dans un monde où il devient extrêmement compliqué de formuler ses problématiques et ce qui ne va pas. Donc formuler les solutions en cette période est encore plus difficile.

La crise a révélé que les racines de nombre de problèmes sont beaucoup plus profondes que le vernis d'avant crise ne le montrait. La crise a révélé en profondeur des problèmes dits systémiques.

Dans des cas comme cela, tournons-nous vers un exemple de problème systémique : Les Océans Rouges.

Les Océans Rouges sont caractérisés par la saturation d'un marché où les réponses des acteurs du marché sont d’accroître le service déjà produit (et même plus complet), tout en baissant les prix. Ceci aboutit finalement une diminution des marges et un appauvrissement des entreprises. Cette démarche qui croit résoudre le problème de la satisfaction client accroit en fait le problème des entreprises à long terme. Et donc de la société et de ses membres.

Et si nous voyions la crise depuis 2008 comme un rétablissement à une situation normale ?

Et si la situation de 2004 à 2007 avait été une situation anormale ? Une crise dans l'autre sens ? Et si nous avions accordé trop de marges et trop de valeurs financières à de fausses résolutions de problèmes : augmentation des prix du conseil, mise en avant de projets très (trop ?) bien payés pour peu de valeur ajoutée, mise en avant de l'argent facile par la spéculation boursière, etc.

Si nous reprenons le livre de Kim et Mauborgne sur les Océans Bleus, nous voyons bien que l'innovation-valeur ne se trouve pas partout !

Une chose est sure ! Nous avons indexé un niveau de vie fort en période de croissance où on trouvait facilement des moyens pour se développer, sans pour autant apporter la valeur ajoutée à nos clients, ni à nos employés ! Les marges dégagées par les entreprises n’ont pas servi à développer les vrais innovations-valeur de demain.

La crise n'a peut-être pas commencée en 2007 mais bien en 2004 lorsqu'on a décidé de miser sur des business models et des moyens de gagner de l'argent à faible valeur ajoutée qui se trouvaient sur le passage ! A commencer par l'argent né de la spéculation qui ne crée absolument aucune valeur !

Et la "crise depuis 2008" peut, dans une autre vision de la problématique, avoir ramené la réalité sur des éléments soit disant à forte valeur ajoutée, qui en réalité ne l'étaient pas.

La vraie crise serait actuellement de penser qu'elle se résoudra toute seule et sans efforts parce qu'on a déjà donné ! Ou encore pire, en remettant une couche des bonnes recettes de l’époque de 2004.

A titre personnel, d'un point de vue global, je pense qu'on a trop reçu pendant des années et que là, nous sommes rattrapés par la réalité de ce qu'on devrait réellement recevoir.

Cette période a un avantage lorsqu'on mise sur les projets : on le fait avec une telle attention que nous analysons de manière beaucoup plus fine les innovations-valeurs créées par les personnes et les entreprises.

Faisons avec, et créons les vrais océans bleus qui amènent la valeur ajoutée pérenne de l'économie, car à force de se convaincre que nous sommes en crise, nous allons finir par penser que nous n'avons pas plus d'efforts à faire que de subir ce qui se passe.

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