Fin du travail, mythe ou réalité ?

Futur et Travail

3/15/2017

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Manel El Robrini

La fin du salariat, annoncée par des auteurs tels que Pierre-Yves Gomez ou Jean-Pierre Gaudard, est une expression consacrée depuis quelques années qui désigne le déclin du statut dominant sur le marché du travail. Né de la société industrielle, le salariat serait voué à disparaitre face aux différentes évolutions qui se profilent sur le marché du travail.

La faute aux robots ?

Après le dumping social, la grande substitution. Le marché des travailleurs est gangréné par la peur de la concurrence déloyale, du robot et de l’intelligence artificielle.

Pourtant, les différentes études menées sur l’impact de ces technologies sur l’emploi se contredisent. En 2014, Roland Berger annonçait la destruction de 3 millions d’emplois d’ici 2025. L’OCDE revoyait ce chiffre à la baisse en 2016 avec 9% des emplois soit, 2,4 millions. Puis début 2017, le Conseil d’Orientation pour l’Emploi divisait ce chiffre par deux. Toutefois, toutes ces études s’accordent sur le fait que la création d’emplois ne suivra pas l’ampleur des destructions.

Faut-il, comme le suggère Bill Gates, taxer les robots pour financer les reconversions ?

Faut-il espérer que la robotisation apportera de tels gains de productivité et de compétitivité qu’elle contribuera à relocaliser certaines activités ?

La faute des free-lances ?

Au cours du forum économique mondial de 2016, les nouvelles technologiques inquiétaient moins que la concurrence entre salariés et nouvelles formes d’emploi.

La tendance des entreprises à la suppression d’emploi et au recours à des contrats précaires ou aux  travailleurs externes est l’autre versant de la théorie de la fin du salariat. La popularisation de formes alternatives d’activité, illustrée par les notions d’uberisation, de gig economy ou encore de slashers, interrogent sur l’avenir des salariés et du modèle social.

En effet, le salariat est devenu une norme davantage par rapport aux droits sociaux attachés à ce statut (sécurité sociale, chômage, retraite…) que par le statut de travailleur.

La concurrence entre freelances et salariés est-elle une réalité ? Contribue-t-elle à la remise en cause du pacte social entreprise-salarié basé sur la subordination juridique, la légitimité du syndicalisme et autres droits collectifs… ? A la remise en cause des droits sociaux attachés au statut professionnel et non à la personne ?

Si l’avenir du salariat pose de nombreuses questions, il semble plus probable qu’il s’affaiblisse en tant que norme au profit d’une coexistence de statuts au sein des entreprises. Toutefois, sa fin n’est pas pour demain

 

 

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