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La Révolte des Premiers de la Classe

Futur et Travail

6/6/2018

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La Révolte des Premiers de la Classe, par Jean-Laurent Cassely

Qui sont ces jeunes surdiplômés qui quittent leurs « bullshit jobs » respectifs pour devenir artisans urbains ? L’herbe est-elle toujours plus verte dans le pré d’à côté ? C’est la question que s’est posé le journaliste Jean-Laurent Cassely, dans un ouvrage intitulé « La Révolte des Premiers de la Classe » (éditions Arkhê, 2017).

Pas forcément pour quitter la ville, d’ailleurs. Contrairement aux hippies d’autrefois, les entrepreneurs-artisans-révoltés d’aujourd’hui ne partent pas cultiver des légumes dans le Calvados. Selon Jean-Laurent Cassely, « la population qui change de vie ouvre la voie à de prochaines vocations et amorce un phénomène plus massif ». Il s’agit de bien plus que de changer de vie, c'est ce que l'auteur explique dans le livre "La révolte des premiers de la classe".

« Le rapport au travail des jeunes générations est en train de changer », notamment à cause du « malaise face à la révolution numérique », du « sentiment de vacuité » qui remplit bien des esprits chez les plus jeunes diplômés. Ils cherchent à fuir leurs « bullshit jobs » respectifs, ou « métiers à la con » selon un terme de David Gaeber. Ces métiers, nous les connaissons ; ils sont apportés par la Révolution du Numérique, et il est difficile de comprendre ce qu’on y fait réellement, et quel impact on a sur la société. D’ailleurs, Jean-Laurent Cassely appelle ces diplômés trimant dans l’open space par un nouveau nom, assez imagé : les « manipulateurs d’abstraction ».

La révolte des premiers de la classe

Pour faire quoi, concrètement ? La plupart des jeunes révoltés se tournent vers des métiers ultra-concrets, ultra-réels, quitte à passer un CAP après leur diplôme de management d’une grande école. D’après les chiffres de l’Institut Supérieur des métiers, cités par l’auteur, 30% des reprises de sociétés artisanales le seraient par d’anciens diplômés du supérieur, et jusqu’à 60% pour les créations parmi les nouveaux artisans.

Un retour aux sources généralisé ? C’est à se demander quand les entreprises se mettront à la tendance. Le concret, le manuel, le « je mets la main à la pâte » n’a jamais été aussi valorisé. Cela fait déjà plusieurs années que les équipes de Michel et Augustin sont formées au CAP Pâtisserie (et qu’ils le mentionnent ensuite dans presque toutes leurs communications).

"La révolte des premiers de la classe" est un ouvrage riche et bien construit, qui tente de poser un épiphénomène comme un véritable problème de société, avec succès. A lire absolument.

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