La transformation des modèles économiques selon Bertrand Lavayssière

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3/16/2017

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Rochna Zaki

Bertrand Lavayssière, ancien Directeur Général du secteur finance du Groupe Capgemini, auteur des deux ouvrages e-Marketing de la Banque et de l’assurance et Wealth, explique dans la Revue d’économie financière le bouleversement que connaissent aujourd’hui les modèles économiques à cause du digital. Son raisonnement s’appuie sur quatre exemples de cas différents. En voici un résumé.

Le cas « Substitution »

Ce phénomène fait référence à la transformation des moyens de paiement traditionnels par le digital. Il repose sur l’accumulation de trois réalités, à savoir la désuétude de certains produits, une évolution dans la réglementation et de nouveaux horizons technologiques.

Les innovations dans les moyens de paiement ne cessent de foisonner au sein des banques et des FinTech (des startups qui utilisent la technologie pour créer de nouveaux services bancaires et financiers). Ces derniers ont pour but de réduire le plus possible l’utilisation des espèces, avec le paiement sans-contact par exemple, ou le paiement par téléphone mobile.

Le cas « Banques privées »

Le développement digital engendre une restructuration du monde de la banque privée et de la gestion de fortune. Les investissements croissant dans le digital, conduisant à toujours plus d’innovations, réinventent le monde bancaire.

En effet, le digital oblige les banques privées à repenser leurs relations clients, notamment en proposant davantage de services de conseil. C’est ainsi par exemple qu’en 2013, l’Union Bancaire Suisse (UBS) a mis en place une nouvelle solution de placement UBS Advice. Cette offre de gestion conseillée met à disposition un conseiller ainsi qu’un système de contrôle systématique du portefeuille de chaque client, en vue d’une meilleure compatibilité entre les placements et le profil de risque.

Le cas « Big Data Finance »

Les innovations technologiques et digitales bouleversent la gestion interne et externe des institutions financières. La gestion des données massives, qui constituent un enjeu clef pour les banques, a été permise par l’apparition de technologies nouvelles : c’est le Big Data Finance.

Bien que Bertrand Lavayssière nuance cette affirmation, certains banquiers certifient que l’existence des banques repose dorénavant quasi-exclusivement sur l’amas de données dont elles disposent. Ces données seraient l’élément crucial pour de nombreuses activités bancaires, comme le trading des valeurs, la connaissance et le suivi des clients, et le reporting financier.

Les outils digitaux, dont les nouveaux standards d’Internet, sont un enjeu, car ils peuvent permettre aux banques d’accéder facilement à ces données, de les rendre exhaustives afin de mieux se projeter dans le futur, au regard des besoins et de la gestion des risques.

Toutefois, Bertrand Lavayssière rappelle l’importance « des talents, des produits, [et] des financements  adéquats » au sein de l’activité bancaire, bien que celle des données soit prédominante.

 Le cas « l’Assurance-Automobile »

Le digital a transformé les structures de marchés, en affectant d’abord la société et les technologies. Les cas de l’usage automobile et des assurances est un exemple très parlant.

Les initiatives de l’économie du partage transforment les habitudes de consommation en termes de transport. Selon Ares & Co, le changement de responsabilité selon les différents usages de la voiture bouleverse les systèmes traditionnels de l’assurance. En covoiturage, est-ce le conducteur ou le passager qui est responsable ? Lors de l’usage d’une voiture en libre-service, est-ce le pilote ou l’exploitant ? Quant à la voiture sans pilote, est-ce le fournisseur de service de conduite, le constructeur de la voiture, les équipementiers ou les passagers ?

Ainsi, les assureurs traditionnels innovent pour mettre en place de nouvelles solutions par le biais de montages financiers et de nouvelles formes d’assistance afin de s’adapter à cette mutation.

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