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L'association entre amis - Doit-on lier vie pro et vie perso ?

2/18/2018

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Rochna Zaki

On entend souvent : en affaires, pas d’amitié. Et la doxa entrepreneuriale pullule d’articles déconseillant formellement : une recherche Google du type « faut-il s’associer avec un ami ? » donnera 7 résultats répondant à la négative sur 10, les 3 autres donnant des conseils pour éviter le pire.

Pourtant, certains entrepreneurs témoignent de la réussite de ce pari.  Sodebo est une entreprise familiale, Michel et Augustin sont amis d’enfance, PayPal et sa Mafia (Palantir, Tesla, Space X, Youtuve, Linkedin…). Il est naturel de se tourner vers un ami pour s’associer : tout d’abord, ils sont ceux que l’on connaît le plus, ils nous rassurent donc par rapport à un inconnu. Ensuite, ils sont ceux auprès de qui votre idée d’entreprendre est entendue en premier, les premiers à s’y intéresser à envisager de s’associer avec vous.

Les détracteurs de cette pratique critiquent l’affection, qui brouille notre jugement sur les capacités objectives d’une personne, alors que le choix des compétences est à privilégier. Il y a notamment une nécessité de diversité et de complémentarité dans l’équipe dirigeante, or un ami vient souvent du même milieu social que vous, et voit les situations, les problèmes et les solutions du même prisme que vous.

D’autres argumentent en ce sens non pas pour le bien de l’entreprise, mais pour le bien de l’amitié : celle-ci est mise en péril par les conflits sains ou malsains inhérents à l’aventure entrepreneuriale. Travailler avec une personne au quotidien révèle des aspects de sa personnalité que nous n’avons pas l’habitude de côtoyer. L’amour dure 3 ans ?

D’après une étude du Professeur Wasserman, de Harvard, menée sur 10 000 jeunes pousses américaines, 40% des startups sont fondées par une équipe de personnes qui s’appréciaient précédemment à leur projet commun. Mais le risque de défection de l’un des membres-fondateurs est 28% plus élevé dans ces cas-là. Pour les investisseurs, le message est clair : eux qui espèrent le gros lot, une telle détermination statistique n’est pas à prendre à la légère.

Mais la plupart des problèmes de l’association entre amis ne sont que des observations des échecs précédents et ne sont, en aucun cas, déterministes. Il suffit de se renseigner objectivement sur les capacités et compétences d’un ami (par exemple en demandant des avis) pour éliminer le biais de subjectivité. Et tous nos amis ne sont pas du même milieu social que nous. Il est intéressant, pour vérifier la complémentarité des dirigeants, d’observer votre capacité à débattre sur un sujet politique, de société ou de politique : êtes-vous capable d’avoir une opinion différente (diversité), de la formuler entièrement en présence de l’autre (écoute et communication) et d’entendre la sienne ? Si oui, cet aspect-là devient un point fort pour vous challenger mutuellement.

Et surtout, l’association entre amis permet la réussite d’un des aspects essentiels du leadership : le partage de la vision et la mise en place d’une communication saine. La connaissance de l’autre permet d’éviter les aléas de l’asymétrie d’information. Dans Zero to One, Peter Thiel en fait un critère essentiel du bon co-fondateur. L’histoire de la Mafia PayPal est connue dans la Silicon Valley : ce groupe d’amis a monté plusieurs dizaines d’entreprises à succès en s’associant régulièrement et selon les aspirations de chacun sur un projet ou un autre.

Il n’existe donc pas de déterminisme d’échec pour une association entre amis, mais des risques accrus. En revanche, une bonne maîtrise de ces risques et le choix de tout de même tenter l’aventure peuvent se révéler encore plus fructueux qu’une simple association professionnelle.

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