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Le blues des cadres

7/11/2016

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Rochna Zaki

Spécificité française, le statut de cadre a été pour la génération des baby-boomers un symbole de réussite sociale et professionnelle, ainsi que la garantie d’un salaire et d’une retraite confortable.

Pourtant, depuis le début des années 2000, nombreux sont ceux qui pointent l’existence d’un malaise croissant chez les cadres, victimes moins visibles mais tout aussi réelles de la souffrance au travail.

C’est la thèse que soutient Denis Monneuse dans son ouvrage Le Silence des cadres, enquêtes sur un malaise. Selon lui, malgré l’intérêt croissant pour les problèmes de souffrance au travail, il existe peu d’enquêtes centrées sur les cadres, qui sont souvent considérés comme source du problème ou simplement privilégiés et peu touchés par ces difficultés.

Alors, quelles sont les sources de souffrance au travail pour les cadres, et pourquoi ce malaise serait-il en progression ?

La souffrance des cadres au travail

Le statut de cadre a longtemps été considéré comme une protection contre la souffrance au travail. Cependant, les travaux développés ces dernières années sur le phénomène de burn-out ont démontré que cette idée était fausse : au contraire, de par leur position hiérarchique, les cadres sont eux aussi exposés, parfois de manière violente car souvent silencieuse, aux dangers de la souffrance au travail.

Monneuse souligne notamment qu’on oublie parfois que les cadres sont amenés à gérer les problèmes de leurs collaborateurs et à entrer dans des situations conflictuelles, sans être formés pour cela et sans que personne ne se préoccupe du malaise que ces tensions peuvent créer chez eux.

Un mal être croissant ?

Si les cadres semblaient auparavant protégés de ces difficultés par leur statut, ce dernier semble aujourd’hui être insuffisant : pour beaucoup, le statut de cadre a perdu de son prestige et donne accès à moins de privilèges.

En effet, dans un contexte où les entreprises offrent de plus en plus d’autonomie à leurs employés (liberté d’organiser ses conditions de travail, hiérarchie plus plate etc.), les cadres sont perdants : ils ont moins de pouvoir et d’influence, mais voient aussi leurs subordonnés accéder aux privilèges qui leur étaient jusque-là réservés !

Il faut aussi noter que le statut de cadre a perdu de sa spécificité, quitte à devenir un statut par défaut dans certains secteurs, notamment en raison de la démocratisation des études supérieures.

Le constat final de Monneuse : si les cadres ont longtemps soufferts en silence, la réduction progressive de leurs privilèges pourrait bien finir par sonner la révolte et une grande envie de changements !

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