Le néo-luddisme à l’épreuve des nouvelles technologies

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3/20/2017

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Rochna Zaki

La révolution numérique est souvent décrite comme une nouvelle révolution industrielle : un bouleversement de l’économie et des modes de production liées au progrès technique. Les révolutions industrielles ont également fait émerger des tensions entre progrès technique et progrès social.

Dans les années 1810, les ouvriers du textile de la région du Lancashire au Royaume-Uni sont entrés dans un mouvement de lutte contre l’apparition des métiers à tisser. Au nom d’une figure imaginaire, le général Ludd, ces ouvriers détruisaient les nouvelles machines qu’ils percevaient comme une menace pour leur emploi. La machine incarnant dans le quotidien de ces travailleurs l’opposition entre capital et travail.

Les conditions de vie de ces travailleurs ont été bouleversées par le progrès technique. Alors qu’ils disposaient d'une autonomie relative pour organiser leur production (lieu, outil, méthode…), l’apparition de la machine va considérablement borner leur travail. L’apparition des ateliers va leur imposer de produire dans un certain lieu, à certaines heures, une certaine technique. Leur vie sociale se retrouve contrainte par ces paramètres et nombre d’entre eux sont contraints à l’exode rural.

Par référence à ce mouvement, le terme néo-luddisme désigne les mouvements idéologiques contemporains d’opposition aux progrès techniques en raison de son impact sur l’Homme.

Si le progrès a été intégré comme un processus inéluctable, le monde du travail contemporain fait toujours face à cette dualité. Tandis que la robotique fait peser toujours plus d’incertitudes quant à l’avenir des ouvriers, l’intelligence artificielle provoque une angoisse toute nouvelle sur les professions intellectuelles.  Face à spectre du chômage technologique, les travailleurs d’aujourd’hui fondent leurs espoirs sur la régulation et la législation.

Pour John Zerzan, penseur américain du courant primitiviste, la société contemporaine est atteinte d’aliénation technologique. Il voit, par exemple, dans le culte porté à Steve Jobs le signe d’une profonde névrose. Par le passé, les inventions qui visaient à augmenter la productivité et la dépendance à la machine étaient mal accueillies. Dans le monde contemporain, l’attitude face aux nouvelles technologies se caractérise par une forme de schizophrénie : nous sommes des consommateurs enthousiastes et des travailleurs-électeurs réticents.

Pour les néoluddistes, les technologiques émergentes représentent un danger nouveau. La puissance de ces nouvelles technologiques qui infiltrent toutes les dimensions de notre vie nous désocialisent et influencent nos modes de consommation.

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