Le storytelling pour se réconcilier avec un échec

Bonheur et Travail

11/18/2019

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Un échec fait forcément partie intégrante de nos vies. Selon nos cultures, nous apprenons plus ou moins bien à se familiariser avec lui, à en avoir plus ou moins peur, à l’accepter non pas comme une défaite mais un apprentissage. Mais quand l’échec touche à notre vie professionnelle, nous remettons souvent tout en cause : nos capacités, notre manière de travailler, et même parfois notre légitimité. Comment dès lors apprivoiser l’échec comme partie prenante de la vie en entreprise ?

échec : Comprendre ses racines en France

Un échec a une spécificité culturelle rattachée à la France : c’est en regardant nos voisins que nous pouvons comprendre que l’échec est crucial dans l’environnement dans lequel nous grandissons. La notion d’échec scolaire par exemple est très française, et qualifie souvent les mauvaises notes. La note de 20 est alors pour beaucoup d’élèves français, l’unique but à atteindre, bien plus que le bon comportement ou la valorisation du sport par exemple.
A ces notes se joignent les fameux “peut mieux faire”, “médiocre”, construisant un système scolaire français basé sur la faute, avec cette impossibilité d’atteindre la perfection. En soulignant ce que l’élève a raté, avant de montrer ce qu’il a réussi, on considère que les choses ne sont jamais finies. Le travail vers la perfection est la quête de toute une vie, et change notre perception à l’échec, influencé par une philosophie de la rigueur et de l’exigence qui laisse peu de place à la confiance en soi : tout devient potentiellement un échec.

L’expérience américaine d'un échec : raconter son histoire

Si l’on regarde de l’autre côté de l’Atlantique, l’expérience de l’échec est complètement différente. Les américaines n’enlèvent pas de point, mais situent un niveau en fonction des lettres.

Le storytelling pour se réconcilier avec un échec

La grande différence ? Non seulement une manière de concevoir l’échec mais aussi de le raconter. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder le Tedx Rethinking Failure, désormais célèbre, de Barbara Corcoran. Née en 1949 dans le New Jersey et issue d’une famille modeste, elle traverse une scolarité chaotique et plutôt courte, en partie due à sa dyslexie. Elle cumule les petits boulots de serveuse, mais aussi dans plusieurs agences de locations immobilières auprès desquelles elle apprend le métier. En 1973, elle suit son petit ami à New York, et ils décident ensemble, avec seulement 1000 dollars en poche, de lancer une agence immobilière, le “corcoran group”. Très bonne vendeuse, et très bonne gestionnaire de ses comptes, Barbara vit un succès phénoménal : aujourd’hui, la firme emploie plus de 700 salariés et vend des biens aux plus grandes personnalités de Manhattan.

Si ce récit est surtout une success story très américaine, la manière dont Barbara raconte son histoire, à travers son TEDX basé sur son livre, “loser magnifique”, rappelle à quel point l’échec peut faire partie d’une histoire que l’on tourne à son avantage, comme faisant partie de notre cheminement.

La manière dont on se présente aux autres dans la société peut donc modifier la notion subjective d’échec. En racontant son échec, on peut le transformer en réussite pour soi et pour la société : il ne devient plus alors seulement une anecdote, mais une forme de norme, et même, un vecteur d’intégration au groupe.

Le storytelling de l’échec

Pour comprendre à quel point le storytelling de l’échec est intégré de plus en plus dans la société, le phénomène des “slashers” est un exemple parlant. Le mot s’est de plus en plus intégré dans le langage commun, en référence à la ponctuation permettant d’exprimer le « et/ou », et donc, désignant le fait d’exercer plusieurs métiers en même temps.

Phénomène très présent aux Etats-Unis, où cumuler les petits jobs est culturellement une tradition pour les jeunes (coïncidence, les Américains ayant inventé le récit de l’échec … ?). Les “slasheurs” sont pour la plupart issus de la génération Y, âgés de 25 ans à 35 ans. Cette génération biberonnée à internet avec quinze onglets ouverts, une capacité d’attention de plus en plus limitée et avec l’envie de mêler passion(s) et travail, cette génération ouvre la voie à une autre perception de l’échec. Celui-ci devient un moteur des parcours atypiques et fait naître des récits hors du commun. Développer une manière de raconter son parcours atypique et découpé mais surtout passionné, est donc devenu indispensable.

Une manière de le faire est de s’inspirer (à nouveau) des Américains et notamment de Steve Jobs dont le discours à Stanford en 2005 a fait date. Dans ce discours, Steve Jobs commence par dire qu’il va raconter “trois histoires” qui sont des “zooms” sur certaines périodes de sa vie (arrêter l’université, quitter son entreprise, faire face à un cancer …). Le discours de l’échec est personnalisé, une manière plus personnelle de raconter des moments marquants de manière intime.

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