'

Les idées sont plus rares que l'argent !

Economie et Travail

6/23/2014

0 commentaire(s)

Les idées sont plus rares que l'argent qui sert à les financer. Elles stimulent et élargissent les représentations que se font les clients de leurs besoins ce qui accélère le passage de l’âge de la satisfaction des besoins primaires à celui des besoins représentés.

Même les marchés les plus mûrs attendent que quelqu’un fasse quelque chose pour captiver les clients avec de nouvelles idées et bâtir ainsi un avantage significatif sur le marché. Parce que le monde qui nous entoure contient la possibilité d’un certain « état de chaos », il vient toujours un moment où ce qui était impossible apparaît possible, créant ainsi un état propice à la production d’idées nouvelles.
Dans une économie de services pour des besoins représentés, la concurrence se fait sur le champ des idées et celles ci par l’innovation, produisent bien plus de richesses que l’optimisation de l'existant. Le rythme des innovations est d'autant plus rapide que la quantité d'ingrédients intellectuels (les idées) est élevée par rapport aux ingrédients physiques (la matière). En conséquence la valeur des objets repose de plus en plus sur la perception élargie qu’en ont les clients et non sur la quantité de matière qu'ils contiennent. Cette perception de la valeur évolue sans cesse car toute nouvelle idée est destinée à se banaliser : sur le long terme le prix d'un objet à tendance à s'aligner sur son coût de réplication, en relative indépendance avec le rapport entre l’offre et la demande.

argent

argent

Or le coût de réplication est quasiment nul pour les ingrédients intellectuels!
Il est donc indispensable de trouver sans cesse de nouvelles idées: celles ci naissent en fonction des représentations que l’on se fait du monde, elles se développent dans le cadre d’un système, d'une communauté, qui les intègre.  Comment stimuler une communauté pour produire de nouvelles idées ? Donner vie à une nouvelle idée est difficile parce que chacun s’accroche à ses convictions antérieures et hiérarchise les idées à la fois en fonction des avantages qu’il en espère et des inconvénients et risques qu'il en redoute. Il semble donc plus opportun de travailler collectivement sur une meilleur représentation de l’environnement, fondée sur l’imagination, plutôt que de s'attaquer à modifier directement les convictions des différents acteurs concernés.
Cette approche doit néanmoins constamment se nourrir des réactions, par nature imprévisibles, des acteurs ainsi que des fluctuations de l’environnement. Cela oblige à renouveler plusieurs fois les tentatives de modifications du cadre de représentation dans lequel on place l'objet à traiter. Elle engage donc chaque participant dans l'action par la confrontation d'idées avec les autres afin d'engendrer un accord au sein de la communauté. Ce travail est difficile car un défaut d'attention au monde qui nous entoure, un manque de méthode et de travail nous privent souvent de certains segments de réalité ce qui affecte notre capacité à s'accorder avec les autres. Pourtant, par l'usage de la raison et par la confrontation organisée avec les autres, nous pouvons réussir à déborder notre intuition pour percevoir les morceaux de réalité qui nous échappent.

Ce processus est la clé pour construire autour d'un objet une représentation qui dépasse l'intuition qu'on en a et par conséquent pour en augmenter sa valeur.

Les idées sont plus rares que l'argent !, Benoit Debray - Le Monde Après 

Que pensez vous de cet article ?