'

L'union fait la force !

Futur et Travail

6/23/2014

0 commentaire(s)

L'union fait la force ! - Nous avons besoin d’un certain niveau d’indétermination pour bien fonctionner. Un monde où tout serait connu aurait l’avantage d’être parfaitement prévisible mais il nous priverait de la possibilité de créer. Le cerveau humain s’accommode très bien de cette situation car, contrairement aux ordinateurs, il a la possibilité de travailler avec du flou et du désordre. Il stimule pendant toute notre vie notre désir d’apprendre et de transmettre aux autres nos connaissances. A l’opposé, les taches répétitives ne lassent pas les machines. Celles-ci sont à la fois rapides et fiables, mais dépourvues d’intuition et d’imagination.

Le champion Garry Kasparov a eu la chance de vivre la lutte acharnée qui a opposé l’intelligence créatrice humaine aux capacités de calcul des ordinateurs dans le domaine du jeu d’échecs entre 1994 et 2004. Lorsque les ordinateurs sont devenus trop puissants, la confrontation entre l’homme et la machine perdit son intérêt médiatique. Notre héros s’est alors posé la question suivante : « plutôt que d’opposer l’homme à l’ordinateur, y aurait-il un intérêt à les faire travailler ensemble ? ».

Il constata sans grande surprise que l’alliance entre la capacité de vision stratégique des humains et l’analyse combinatoire tactique des ordinateurs était imbattable face à n’importe quel humain ou n’importe quel ordinateur pris séparément. Puis au fil des rencontres, il fut surpris de constater qu’une équipe de joueurs moyens mais habiles à communiquer, entre eux et avec leurs ordinateurs, pouvait surclasser un grand maitre assisté par un ordinateur. Quand on sait s’y prendre l’union fait la force ! Un troisième élément est venu s’ajouter au cerveau humain et à l’ordinateur : la qualité du lien qui relie les humains entre eux.

Contrairement au poker, les échecs ont la particularité d’offrir aux regards des protagonistes toute l’information disponible sur le jeu. La seule indétermination est la réaction de l’adversaire qui nous surprend d’autant plus que la représentation qu’il se fait de la partie diffère de la notre. Se représenter le monde réel est une tache plus ardue et conduit donc à des résultats encore plus différents selon les individus. C’est en effet par un processus très personnel que notre cerveau appréhende les informations nouvelles ou cachées à mesure que l’on explore l’environnement qui nous entoure. L’avantage compétitif démontré par une équipe soudée et bien organisée, telle que découverte par Kasparov pour les échecs, est encore plus cruciale dans la vie réelle où la capacité d’interprétation et d’imagination des acteurs doit compenser la part d’indétermination  de l’environnement.

l'union fait la force

l'union fait la force

Un certain niveau d’indétermination est nécessaire pour que la bonne trajectoire suivie par l’équipe s’ajuste à l’environnement en oscillant entre ordre et désordre, entre prévisions et créations. Le futur n’est que très rarement une extrapolation du passé. Il nous faut donc apprendre à regarder le monde avec un regard neuf, qui se renouvelle d’autant plus que les échanges que nous nouons avec les autres deviennent plus intenses.

L'union fait la force !  Benoit Debray- Le Monde Après

Que pensez vous de cet article ?