MacGyver, c’est l’ employé idéal

Fun

2/23/2015

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Fabien Salicis

Employé idéal - Dans l’article Ninja ou Samouraï, nous avions vu le dilemme qui pouvait exister sur le choix de quelqu’un pour rejoindre son organisation. En particulier, le sujet le plus crucial : de quelles qualités devait-il disposer ? Devait-il plutôt être « risquophile » ou « risquophobe » ?

La conclusion de cet article était qu’une nouvelle race de guerrier allait émerger dans l’entreprise. Dans mes souvenirs, un homme pouvait résoudre n’importe quel problème avec un trombone et un chewing-gum, pouvait prendre des risques énormes et s’en sortir avec classe, mobilisait ses amis lorsqu’il ne pouvait pas solutionner un problème tout seul et débordait d’imagination dans la résolution de problème prenant de court tous ses ennemis.

Il s’appelait MacGyver.

employé idéal

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Finalement, MacGyver, c’est l’ employé idéal. On est dans une période où on veut des experts, il en est un. Un expert de la résolution de problème. Nous vivons actuellement dans un monde qui, de par sa création technologique hyper concurrentielle, vient apporter un nouveau problème de taille chaque jour aux entreprises.

Je ne pense pas qu’on crée plus d’innovations qu’avant, en revanche le temps moyen qu’une innovation arrive à nos oreilles c’est, lui, considérablement réduit. Peut-on encore parler d’avantage concurrentiel durable dans une période où un nouveau produit innovant peut nous parvenir aux oreilles en moins de 24h ? Face à ce nouveau paradigme, de quelle expertise avons-nous besoin ?

A brule pourpoint, la seule expertise qui me parait rentable d’avoir en entreprise est l’expertise du système D. On passe son temps à acquérir des compétences, des certifications, à instaurer des méthodes afin d’accélérer les process (ces méthodes les ralentissent parfois mais ceci est réellement un autre sujet) et  à créer des formations sur un point particulier. C’est très bien mais l’employé est confronté quotidiennement à un nouveau sujet qu’il n’a pas vu en formation, pour lequel il n’a pas reçu de certifications et pour lequel il va devoir innover.

Nos experts sont devenus experts sur un seul sujet à tel point que lorsque leur expertise devient obsolète, on se retrouve avec un expert qui le fut un temps, mais qui n’a pas appris l’essentiel de l’expertise à avoir en entreprise : Apprendre à Apprendre. On le bloque alors dans son évolution, prétextant qu’il a atteint son seuil d’incompétences et l’entreprise se retrouve avec une ressource désœuvrée, alors qu’une simple formation continue l’aurait surement exercé à apprendre à résoudre les problèmes. La formation en « Imagination de résolution de problème » n’existe pas vraiment formalisée telle quelle. Et pourtant, elle pourrait bien servir.

Un informaticien comme Mark Zuckerberg a appris en 4 ans à devenir un PDG, devant gérer quotidiennement 1 ,500 personnes, une entreprise qui ferait apparemment un milliard de revenus, et toutes les contraintes que ceci peut entrainer. Son expertise, c’est le PHP. Combien de PDG connaissent le PHP ? Mais il occupe cette position, et si on en juge les résultats avec un certain succès. Il a surtout appris à apprendre vite, à être curieux, à imaginer comment pondre une solution rapide et efficace avec les moyens du bord.

On se rend compte également que les experts valent chers. Donc lorsque les budgets baissent, on se retrouve à réduire des optimums locaux (cf Article Une organisation qui n’arrive pas à se corriger de ses erreurs), prétextant que ces ressources sont trop chères.

Savoir se poser devant un problème, ne pas paniquer, réfléchir, imaginer une solution et l’expérimenter, connecter des bouts de ficelles appris 10 ans auparavant afin de réaliser une solution possible, n’est-il pas la seule expertise dont ait besoin l’entreprise ? Après tout, être dans une entreprise, c’est gérer quotidiennement les problèmes qui nous tombent dessus.

Lors de votre prochain entretien d’embauche, que ce soit pour la sempiternelle question de votre principale qualité ou de votre principal défaut, répondez juste que vous êtes un MacGyver (et oui ca peut être vu comme un défaut par certains qui prône l’expertise).

En un mot, vous décrirez ce que doit chercher une entreprise…

" MacGyver, c’est l’ employé idéal ", Fabien Salicis - Le Monde Après

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