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Marché du travail : en 2019, on recrute des compétences

Futur et Travail

5/13/2019

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Le marché du travail 2.0 : l’ère de l’empathie

Si le marché du travail se régule et obéit à des lois très pragmatiques d’offre et de demande, il est aussi empreint de nuances et d’interstices qui en font un système bien plus complexe qu’une simple binarité d’offre et de demande d’emploi. Bien sûr, vous connaissez sûrement les grandes données du marché du travail - si ce n’est pas le cas, un article du blog vous renseignera d’ailleurs précisément les évolutions du marché du travail, du point de vue du chômage en France par exemple.

Mais aujourd’hui, le marché du travail ne se limite pas à ces analyses : il se teinte de l’ère du temps, l’ère de l’empathie. En effet, on assiste à une communication beaucoup plus horizontale, des hiérarchies moins marquées, ce qui pousse Rita McGraht à dire que nous sommes rentrés dans l’ère de l’empathie : cette communication moins emprunte des rapports hiérarchiques pousse cette enseignante à la Columbia Business School à montrer que les hiérarchies s’aplanissent, les égaux s’égalisent : “Nous attendons des organisations qu’elles créent des expériences dotées d’un sens.
Le management est entré dans une ère nouvelle d’empathie.” (source : “Vivons-nous dans une nouvelle Renaissance”, Ubisoft Lab’s Book #4, dans lequel intervient Rita MacGrath https://en.calameo.com/read/0055163534690e3a91158).

Marché du travail : en 2019, on recrute des compétences

La considération est ainsi au coeur de cette transformation. Les individus, dans cette configuration, sont capables de “se mettre à la place de” car partageant des moments qu’il n’auraient pas partagé autrement. Mais quelle influence sur le marché du travail et les recruteurs ?

Marché du travail  : Social skills vs hard skills

Si les hard skills, c’est à dire les compétences purement techniques, sont mises en valeur, notamment dans le domaine de la Tech, elles ne valent rien sans les soft skills. Les soft skills, à l’inverse des “hard skills” que l’on considère les compétences “dures” c’est à dire relevant de la technique, s’attachent elles aux valeurs humaines : savoir-être, vie en société, sociabilité … Ces compétences changent au fil des années, en 2019, les plus recherchées selon le classement linkedin sont par exemple la créativité, la collaboration, l’organisation de son temps de travail, ou encore la persuasion.

Popularisées par la série Mr.Robot - la série dévoile un personnage de hacker prêt à tout pour changer le monde les compétences en code sont par exemple très demandées, à l’heure où le métier de développeur informatique est si recherché que les candidats choisissent leur entreprise plutôt que le contraire. Aujourd’hui, savoir coder est devenu un atout indéniable sur le marché du travail. Mais si si la data science, le code, l’analyse prospective, sont en effet des compétences techniques très recherchées, à tel point que des programmes scolaires incluent maintenant le code pour les plus petits, ces compétences ne valent rien sans un panel de “soft skills”.

En effet ces “social skills”, ces compétences faisant de nous des humains capables d’interactions sociales de qualité, donnent de la valeur à l’employé sur le marché du travail. Bien plus, finalement, que les “hard skills” : James J. Heckman, professeur de sociologie et d’économie à l’université de Chicago, va même plus loin : les études comportementales montrent que les soft skills sont déterminantes dans le succès d’un individu dans sa vie sociale et professionnelle.

Une nouvelle donne dans le marché du travail ? Oubliez le QI (Quotient Intellectuel) pensez QA (Quotient d'Adaptabilité) et QE (Quotient Émotionnel)

Dans l’ère de l’empathie, les qualités sociales sont donc essentielles : même les travailleurs les plus spécialisés ont besoin de savoir bien se lier à leurs équipes pour comprendre les atouts personnels de chacun. En somme : il ne s’agit pas juste de bien lancer la balle, mais aussi de connaître son équipe pour se faire de bonnes passes et se constituer en collectif.

Dans cette perspective, les ressources humaines misent beaucoup sur les tests de personnalités, bien plus que sur les tests de QI (Quotient Intellectuel) : l’intelligence émotionnelle est primordiale dans la capacité à travailler en entreprise. Rami Malek alias Mr.Robot dans la série du même nom, est certes un codeur hors pair qui change le monde grâce à ses compétences de génie, mettant à mal une société qui lui déplaît, mais a une grande difficulté à interagir avec le monde qui l’entoure, ce qui fait souvent échouer ses plans.

Ces “social skills” sont celles qui forment la définition de l'humain en société : empathie, capacité à construire des relations sociales solides, à résoudre des problèmes ensemble, doivent nous rappeler une chose : oubliez le QI, et pensez QA et QE !

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