Méditer pour downshifter

Bonheur et Travail

11/22/2016

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Manel El Robrini

Nous vivons une époque sans précédents, c’est bien connu. Jamais les échanges sur la planète n’ont été aussi rapides ni aussi faciles, qu’il s’agisse de marchandises, d’argent, de travailleurs, de touristes, de messages, de photos, d’informations en tous genres... Pour la nouvelle génération qui vit pleinement sa jeunesse mondialisée, tout cela en vient à être normal. La recherche de toujours plus de rapidité et d’efficience dans les échanges est monnaie courante, et ce virus s’est même propagé à la génération du dessus.

De nos jours, l’instantanéité des modes de vie en société touche quasiment tout le monde : on reçoit les notifications des journaux du monde entier sur son smartphone, on optimise ses trajets de bus à la minute, on envoie des mails qui atterrissent à l’autre bout du pays ou de la planète en un quart de seconde... Et on reste frustré de ne pas avoir assez de temps dans sa journée. Ce tourbillon frénétique et addictif de l’instant, le sociologue britannique John Tomlinson l’a qualifié de « culture de la vitesse » dans une publication en 2007. L’autre concept cousin, c’est celui du FOMO (fear of missing out), soit l’angoisse de manquer l’info du jour ou le bon plan, phénomène susceptible de créer des frustrations massives chez les individus connectés.

Face à l’accélération de nos existences, et si on sortait la tête hors de l’eau pour respirer... et contempler ? Une vie plus simple et qui a plus de sens, voilà ce que défend le downshifting, mouvement social qui a débuté dans les années 1990 et qui prend une ampleur grandissante à l’heure actuelle. Littéralement, to downshift signifie rétrograder et concernait dans un premier temps la conduite automobile seulement. Or aujourd’hui, cela correspond à une volonté de vivre avec moins, pour vivre mieux. Vivre avec moins d’heures de travail - donc d’argent -, pour consacrer plus de temps à des sphères qui ont plus de valeur telles que la famille, les amis, l’associatif, le temps pour soi... Par exemple, le downshifter va se rendre à son travail en vélo, plutôt qu’en voiture ou en métro, afin de profiter des beautés de la ville ou de la campagne, d’exercer son sens de l’orientation, de ne pas contribuer à la pollution globale... Il va certes mettre plus de temps absolu à aller du point A au point B et sera d’autant plus heureux d’avoir exercé une activité qui revêt du sens à ses yeux.

La méditation est une voie qui peut ainsi être très utile pour l’épanouissement du downshifter en acte ou en puissance. Ses formes sont très diverses : elle peut se pratiquer de manière consciente ou focalisée, dans son salon ou dans les transports en commun, seul ou à plusieurs... En consacrant un temps régulier à cette activité - le spectre socio-temporel pouvant aller d’une fois par semaine en groupe à 20 minutes par jour en individuel - le downshifter se déconnectera du flot de l’instantanéité accélérée. Il sortira serein de sa séance et naturellement disposé à mieux ou encore plus apprécier les petits et grands bonheurs de la vie.

Méditer et donc appuyer sur le bouton « pause » de notre quotidien est une démarche qui résonne de manière pertinente quand on cherche à réinjecter du sens à nos métiers et à nos vies. La méditation apparaît donc comme l’alliée du downshifting, ce mode de vie volontaire de recentrement sur les valeurs fondamentales de notre existence.

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