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Mythes et réalités de la méthode design thinking pour innover

Futur et Travail-Digital et Travail

1/20/2020

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Le cadre de la méthode design thinking : un peu d’histoire

Galvaudé, répandu dans toutes les sphères de la vie professionnelle, aujourd’hui le design thinking semble se “manger à toutes les sauces”. Mais quand on parle de design thinking, on dissocie très rarement cet élément d’une méthode. On parle principalement de “méthode design thinking”. Mais que se cache t-il derrière cette fameuse méthode ? Un peu d’histoire peut permettre de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une méthode miracle, mais d’une méthode comme bien d’autre pour activer sa créativité.

Le Design Thinking émerge dans les années 1960 dans le milieu publicitaire sous la forme du “brainstorming” et se fait connaître grâce à la publication du livre de Peter Rowe : Design Thinking, dans la presse du MIT, en 1987. Le succès de cette thèse tient au fait que la méthode design thinking se base sur l’utilisateur : elle met au coeur l’expérience utilisateur, et donc, l’humain. Or l’apparition de la méthode design thinking va de pair avec un changement de paradigme dans l’économie :

“La valeur économique a commencé avec les ressources (céréales, minéraux). Les individus ont transformé les ressources en biens, réduisant les ressources à des marchandises. Puis, les services sont nés, réduisant les biens à des marchandises à leur tour. Aujourd’hui, vous l’aurez compris, ce sont les services qui deviennent des marchandises. Les expériences représentent le nouveau type de valeur économique, avec les services comme scène et les biens comme piliers." B. Joseph Pine II, The experience economy

En effet comme le souligne Joseph Pine, auteur américain, la valeur marchande s’est déplacée vers l’expérience, ce qui a donné les conditions favorables à l’émergence de la méthode design thinking.
Plutôt que de se concentrer sur le produit, le design thinking met au centre l’utilisateur et son expérience, en mettant en avant l’empathie. Ce qui va de pair avec la nouvelle «économie de l’expérience» que l’on connaît toujours aujourd’hui.

Mythes et réalités de la méthode design thinking pour innover

Design thinking : quelles étapes pour innover ?

La méthode est souvent oubliée, ou réinventée. Pourtant, elle est bien cadrée et fondée sur un processus en quatre temps : Empathize, Define, Ideate, Prototype, Test (Comprendre, Définir, Idéer, Prototyper, Tester). Avec un fil rouge qui soutient le tout : le brainstorming et le lâcher prise (à explorer sur le blog avec cet article sur la créativité et le lâcher-prise).

La force du design thinking vient de cette capacité à tirer profit de ce qui n’est pas visible à première vue et de provoquer des tensions dans l’appréhension des problèmes : l’imprévu, l’échec, le sacrifice, les problèmes non identifiés par un management laxiste, les processus inconnus, l’héritage, ce que font vraiment les gens, les coûts indirects, les risques, bref tout ce qui coince et frotte dans une situation donnée.

Mais concrètement, la méthode design thinking ça donne quoi ? L’agence de design IDEO très reconnue dans le milieu, située à New York, nous en donne un aperçu sur sa page consacrée. Il est intéressant de constater que chaque agence possède sa propre définition et que celle-ci varie beaucoup d’une agence à l’autre.

Chez IDEO, le design thinking n’est pas qu’une méthode, il s’agit d’une façon de voir le monde, d’une stratégie, d’un processus de pensée au croisement de la désirabilité, viabilité, faisabilité. L’agence propose plusieurs cas d’étude pour comprendre l’application de la méthode à des cas concrets. Par exemple, on trouve le design thinking problématique “comment designer un système alimentaire viable dans le futur ?”.

Les autres méthodes pour innover

Mais la méthode design thinking n’est pas unique, ni la meilleure pour innover, elle est très efficace sur certains sujets, mais d’autres méthodes ont fait leurs preuves et sont intéressantes à explorer :

Le Jugaad, où l’innovation frugale :

D’abord, le Jugaad, c’est le bricolage rapide. Mais en hindi, le mot correspond aussi à l’idée de “fraude”, donc de ruse : il s’agit d’élaborer des manières pour échapper à la fiscalité locale.
Plus largement, le Jugaad est devenu l’idée de faire avec ce qu’on a ou faire avec peu. Le Jugaad incite à la flexibilité, puisqu’il y a une forme de résilience (a solution ne tombera pas du ciel). Cette manière d’innover permet aussi de changer d’échelle, car il faut avoir une perception fine des paramètres particuliers du terrain d’opération.

La prospective et l’exploration des futurs possibles, puis plausibles, puis probables.

La prospective est tout d’abord une science de l’action et sa dimension essentielle qui est la systémique puisqu’elle analyse des systèmes complexes et tout une série de facteurs et d’agents qui interagissent ensemble. Le travail prospectif est collectif (diversité et coproduction) et politique (valeurs, préférences, tensions), il intervient pour essayer de réduire le champ de l’incertitude concernant un futur donné : travailler le futur ça n’est pas le prédire mais essayer de faire advenir un avenir plutôt qu’un autre.

Il existe un ensemble de méthodes pour innover dont la méthode design thinking, qui est sûrement une des plus anciennes. Elle reste une valeur sûre dans un monde soumis à la complexité croissante des entreprises.
 

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