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Nous savons donc nous sommes ?

Bonheur et Travail

6/23/2014

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Nous savons donc nous sommes ? Il me semble que la devise de Descartes était plutôt je pense donc je suis. A ce titre, on remarque souvent que les gens se focalisent sur leur savoir (ou du moins ce qu'ils croient savoir) comme garantie de leur parole et l'utilisent afin de certifier un argument. Par exemple, j'ai été Directeur Marketing donc une campagne Marketing se gère comme ça. Malheureusement j'ai bien peur que ce ne soit pas suffisant pour convaincre.

En effet, pendant l'antiquité, on insistait beaucoup sur l'utilité de l'argument dans la conversation. C'est à lui seul, la raison pour laquelle l'interlocuteur doit changer d'avis. Si l'argument est convaincant dans le contexte approprié, et quelque soit la source, alors la logique voudrait que l'interlocuteur change d'avis. L'effort continu d'essayer de convaincre les gens est certainement un des travaux les plus chronophages du monde. Pour autant, si les personnes jouent le jeu, on se rend compte des raccourcis à court, moyen et long terme que nous pouvons prendre.

nous pensons

Ce n'est malheureusement que très rarement le cas tout simplement parce qu’un biais récurrent vient souvent s'imposer dans la conversation: la provenance de la source. Lorsque celle-ci rentre en ligne de compte, l'argument perd proportionnellement de son influence jusqu'à disparaitre au profit de l'aura de la personne et laissant place à la Pensée Balistique.

Pourtant quelque soit la provenance de la source, sur un nouveau sujet, une personne a généralement statistiquement autant de chances de se tromper que quelqu'un d'autre. Le caractère aléatoire peut se réduire avec l'expertise mais en aucun cas atteindre la nullité. De sorte que, sur une nouvelle décision d'entreprise, la créativité, l'innovation, l'inventivité et la solidarité dans l'accomplissement de la décision seraient des qualités beaucoup plus importantes que l'expérience. Après tout, Einstein lui-même disait: "l'imagination est plus importante que le savoir". Une autre citation de lui était : « Nous ne pouvons pas résoudre des problèmes en utilisant le même mode de pensée que nous utilisions quand nous les avons créés. »

Nous savons que la majorité des décisions sont prises parce que les gens se font confiance (rejoignant l'intuitu personae qui est cette confiance que nous accordons naturellement dans les paroles d'une personne qui nous parait fiable). Mais cette sorte d'aura ne peut se gagner qu'à postériori et non a priori. C'est en faisant l'effort de convaincre par l'argument plutôt que de vaincre par sa position, que les décisions peuvent être prises de manière adéquate et optimale.

Néanmoins, on ne peut pas jeter l'expérience d'un revers de main, pour le coup, elle est irremplaçable. Mais nous n'en avons besoin que ponctuellement. C'est donc une haute valeur ajoutée mais non récurrente. Il serait donc plus adéquat de faire appel à l'expérience et à l'orientation de manière ponctuelle, et à l'opérationnel et les forces de « délivérabilité » du service de manière continue, afin de stabiliser les dépenses de son entreprise versus les compétences dont nous avons besoin. De plus, la position d'expert externe permet notamment à l'entreprise d'avoir une écoute plus objective des éléments lui permettant de donner la bonne orientation sans subir une éventuelle pression hiérarchique.

L'organisation du futur ferait donc moins intervenir de manière récurrente le savoir mais beaucoup plus le faire, ayant à sa disposition le savoir à la demande mais uniquement lorsque le besoin se fait ressentir. Les niveaux intermédiaires entre la décision et l'opérationnel serait ainsi rebasculés dans des missions ponctuelles et multi-entreprises permettant un partage beaucoup plus fort dans les réseaux professionnels dans le conseil et permettant aux entreprises d'acquérir une diversité d'expertise et de savoir tout en ayant la capacité de produire l'opérationnel qui nécessite cette expertise.

Enfin juste une intuition...;-)

Nous savons donc nous sommes ?- Fabien salicis

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