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Pourquoi cette augmentation de salaire peut vous rendre malheureux

5/3/2016

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Fabien Salicis

Selon un sondage des Editions Tissot, 89% des Français considèrent une augmentation de salaire comme une réelle source de motivation, 58% seraient d’ailleurs prêts à faire des heures supplémentaires pour toucher plus et 33% reviendraient travailler le dimanche s’ils étaient payés double. Force est de constater que, pour la vaste majorité d’entre nous, l’argent fait bien le bonheur. Mais rien n’est moins sûr que ce calcul pour Ronald E. Riggio. Selon ce professeur en leadership et psychologie organisationnelle au Claremont McKenna College en Californie, deux biais psychologiques peuvent annuler l’effet positif d’une augmentation de salaire.

Augmentation de salaire et relativité

Tout d’abord, la perception que nous avons d’une augmentation de salaire reste conditionnée par les augmentations de salaires des autres. « Donc même si vous touchez beaucoup – pensez à un athlète professionnel par exemple – si vous apprenez qu’un individu comparable, disons un autre athlète, gagne plus que vous, cela peut entraîner de l’insatisfaction et du mécontentement, quel que soit le montant que vous avez touché. » L’inégalité de traitement des collègues peut donc s’avérer dangereuse car si Marie est plus augmentée que Martin, Martin risque de moins travailler…

Augmentation de salaire et seuil de différence

Par ailleurs, lorsqu’un stimulus est fréquent, notre cerveau ne peut remarquer un changement qu’à partir d’un certain seuil. C’est la notion de « seuil de différence » ou de « just noticeable difference ». Par exemple, la luminosité de votre écran d’ordinateur doit être augmentée d’un certain minimum pour que votre œil la perçoive réellement. Il en va de même pour les augmentations de salaire selon le Dr Riggio. Afin d’être réellement prise en compte de façon positive, c’est-à-dire booster l’effort du travailleur, celles-ci doivent être au minimum de 7%. En dessous, l’effet produit consiste au mieux à de l’indifférence, au pire à du ressentiment. Le risque, en effet, est d’induire la logique inverse chez le salarié. Difficile de ne pas comprendre : tous ces efforts supplémentaires pour n’être que ridiculement augmenté de 2% !

Des solutions à ces biais ?

La prochaine fois que vous augmenterez un de vos collègues ou la prochaine fois que vous serez vous-même augmenté, gardez donc à l’esprit qu’une augmentation de salaire ne vaut pas toujours « mieux que rien ». Mais ne désespérez pas pour autant car deux facteurs peuvent contrebalancer ces biais. La transparence, avant toute chose, permet de justifier les différences d’augmentation entre collègues et d’atténuer les effets collatéraux de démotivation des moins augmentés. Ensuite, et ce facteur paraît plutôt évident, il faudra augmenter de façon substantielle de façon à dépasser le seuil minimum de 7% car c’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas.

 


Références

Article de Ronald E. Riggio

Article du Guardian

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