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pourquoi j'ai quitté mon travail au bout de 2 mois

Bonheur et Travail

4/28/2018

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Pourquoi j'ai quitté mon travail en 2 mois

Je cherchais un travail depuis plusieurs mois. J'attachais beaucoup d'importance à la nature de mes tâches et la rémunération. Le reste m'importait peu. Un travail n'est qu'un travail. J'ai toujours vu mon futur job comme un moyen de financer ma vie et non une fin en soi. J'ai finalement trouvée un travail dans mon domaine. Au début, je travaillais avec mes collègues. Étant nouvelle, le manager voulait que je prenne le temps de me former avec mes collègues. Chacun ayant sa méthode propre de vente, le manager pensait que cela pourrait être formateur. Ça l'a été. À mon arrivée personne ne me prenait pour une menace, car je n'en étais pas une. Ils me donnaient des conseils sur tel collègue, tel client ou une technique pour désamorcer une situation. Ils me semblaient tous sympathiques bien qu'un peu peau de vache entre eux.

Mais c'est deux semaines et demie plus tard quand mon manager a commencé à me laisser faire mes propres ventes que j'ai senti la différence. On me posait des questions sur les clients que j'essayais d'avoir, j'en parlais ouvertement sans méfiance pour apprendre quelques jours plus tard que la personne qui me faisait parler sur le dit client m'avait court-circuité. Les collègues ne répondaient plus à mes questions, en m'induisant même parfois en erreur. Au bout de quelques jours, j'en ai parlé au manager. Ce dernier m'a dit "Bienvenue dans le monde du travail." Il semblait amusé par cette situation et encourageait même la compétition entre les vendeurs. Nous n'avions - officiellement - pas de commission sur nos chiffres. Cependant, tous les soirs, c'était le même rituel, on se posait autour de la table et on debrieffait publiquement sur notre journée. Il y avait les faux encouragements, totalement hypocrites, quand on avait une mauvaise journée "Oh... C'est pas grave, il y a des jours sans et des jours avec. Moi aussi ça a été une petite journée". Et là, le collègue annonçait un chiffre impressionnant.

Le manageur était plus arrangeant avec ceux qui faisaient du chiffre. Il leur payait un café et leur demandait s'ils avaient besoin de quelque chose. Il faisait cela devant tout le monde, ce qui rendait les autres collègues envieux. Tous semblaient œuvrer dans le but d'être dans les petits papiers du manager. Quand on était mauvais, il hurlait. Les collègues ne cessaient de répéter "faut faire du chiffre ! Sinon cuik". On ne pouvait rien laisser trainer, ni un post-it, un carnet, son téléphone ou son ordi allumé. Je devais toujours être sur mes gardes, ne croire personne, ne faire confiance à personne, me méfier de tout et tout le monde. C'était comme être dans Game of Thrones, le style en moins. J'ai compris que ce genre d'environnement est contre-productif pour moi. Je n'ai jamais aimé la compétition. Mes collègues semblaient s'y plaire.

À l'époque, je ne comprenais pas comment ils faisaient pour apprécier cette atmosphère anxiogène. Aujourd'hui, je ne travaille plus dans la vente. J'ai tenu à peine deux mois. Je n'en pouvais plus de les entendre se déchirer pour des contrats à des millions d'euros alors même que cet argent n'allait pas dans leur poche.

Même si j'appréciais la vente, l'environnement de travail dans lequel j'évoluais à plus compter dans mon choix de quitter le secteur. Sans regret. Maintenant, plus que la rémunération, je cherche un environnement de travail sain ou du moins dans lequel je puisse évoluer paisiblement. Je demande toujours à rencontrer le manager et si possible l'équipe dans laquelle je travaillerai avant de donner ma réponse. Cette mauvaise expérience m'a au moins appris cela.

Témoignage d’Inès, 28 ans.

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