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Pourquoi a t-on peur des robots ?

10/20/2016

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Manel El Robrini

Les robots sont de véritables têtes d’affiche au cinéma. Ils incarnent tour à tour le mal, le pouvoir, la destruction. Nous en avons la même image dans le travail. Mais pourquoi avons-nous si peur des robots ? Explications avec Brigitte Munier, enseignant chercheur à Telecom ParisTech et auteure de « Robots, le mythe du Golem et la peur des machine ».

 

La peur d’un Homme sans âme

Quand on regarde la littérature ou la cinématographie, les robots ont toujours « le mauvais rôle ». Ils viennent nous attaquer, nous surpasser, nous anéantir… La peur du robot est ancrée dans notre culture. Pourtant, ce n’est pas le cas au Japon par exemple. Il suffit d’ailleurs de voir comment « Astro le petit robot » a pris le symbole de l’espoir après l’humiliation vécue par les Japonais lorsqu’ils ont perdu la guerre. Tous les espoirs étaient à l’époque mis dans l’enfance et la robotique. «  Les Japonais n’ont jamais eu peur des robots !  A la sortie de « 2001, l’odyssée de l’espace », ils n’ont d’ailleurs pas compris pourquoi les occidentaux avaient autant peur des robots », raconte Brigitte Munier. Alors pourquoi sommes-nous tant effrayés par les robots ? « Nous ne disposons plus d’une définition consensuelle de l’Homme », poursuit la chercheuse, « Nous avons défini l’Homme pendant plus de 25 siècles en Occident comme ayant une âme dotée d’une origine transcendante. Les Japonais n’ont pas cette vision. Pour eux, l’âme est immanente, elle est ici-bas. Voilà pourquoi ils n’ont pas cette peur », explique t-elle. Les robots nous inquiètent parce que c’est la possibilité d’un homme sans âme. Souvenez-vous du face à face de Frankenstein avec sa créature… Il montre l’effroi d’un être humain face à la possibilité d’un homme sans âme. Quand nous ne savons plus définir l’Homme, le mythe de la créature refait surface avec son lot de peurs.

 

Le mot « robot » vient du Tchèque

A l’origine de tout cela se cache un très vieux mythe juif : le mythe du Golem. Un être fait d’argile dénué de tout libre-arbitre, qui existe uniquement pour assister son créateur. Ce mythe a été réactivé par Marie Shelley avec Frankenstein. Puis, un glissement s’est opéré : le « Golem » est devenu « robot » à la suite d’une pièce de théâtre de Karel Capek, Rur, dans laquelle les personnages qu’il fabrique en série s’appellent des « robots », du nom de « robota » qui veut dire « travail forcé » ou « esclavage » en Tchèque.

Il y a ensuite eu une confusion entre le mythe du Golem et le mythe du robot. Quoi qu’il en soit, « ce robot, cette créature, interroge l’Homme. Car si l’on peut reproduire l’Homme et si même la créature est plus forte que lui, comment définir alors l’exception humaine ? »

Finalement, à l’occasion du robot, nous nous posons des questions sur l’être humain. La question sous-jacente est alors la suivante : faut-il avoir peur de l’Homme plus que du robot ? On vous laisse y réfléchir !

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