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Pourquoi travaille-t’on ?

Bonheur, Travail

10/6/2018

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Pourquoi travaille-t’on ?

Article d’Achille Weinberg paru en Novembre 2012 dans la revue Sciences Humaines

Dans cet article de novembre 2012, Weinberg s’interroge sur les différentes motivations qui poussent l’être humain à travailler, et se demande : pourquoi travaille-t’on ? Il analyse également la nature intrinsèque du travail comme activité structurante de nos sociétés, dans leurs versions primitives et modernes.

Pourquoi travaille-t’on ?

Weinberg distingue trois fonctions élémentaires du travail : gagner sa vie, acquérir une position sociale et se réaliser. Deux théories centrales s’affrontent quant à la nature de la relation entre l’être humain et le travail. Une théorie d’inspiration marxiste, qui voit en l’Homme un être de travail, conférant donc une nature consubstantielle à son activité laborale ; et une théorie inspirée par la philosophe allemande Hannah Arendt, qui voit dans le travail une activité mécanique et détachée de la réalisation de soi, par opposition à l’art ou la politique, qui permettent à l’être humain de s’épanouir. Alors, pourquoi travaille-t’on, pour s'epanouir.

Pourquoi travaille-t’on : pas seulement pour gagner de l'argent

Si gagner sa vie fait partir de cet aspect mécanique, assimilable à une nécessité biologique, du travail, Weinberg estime que le labeur a d’autres fonctions. La position sociale conférée par l’activité professionnelle (on demande souvent à quelqu’un que l’on vient de rencontrer ce qu’il ou elle « fait dans la vie » pour engager la conversation, en se référant bien évidemment à son travail) ou le sentiment de fierté qui accompagne certains corps de métier façonnent les hiérarchies sociales. Plus encore, les valeurs et l’identité collectives qui sont attachés à une profession constituent un repère dans la construction d’identité individuelle. On parle ainsi souvent du sentiment d’anomie qui touche les personnes au chômage, qui font face à une « perte d’identité » sociale : elles perdent un élément important de leur définition sociale et sont ainsi partiellement coupée de la vie collective.

Ce que néglige néanmoins Hannah Arendt lorsqu’elle sépare le travail comme praxis de l’œuvre comme épanouissement, c’est la notion de plaisir dans le travail. Le travail pourrait être non pas seulement la condition matérielle qui permet la réalisation d’une œuvre artistique ou politique, mais le lieu même de l’épanouissement humain. Weinberg souligne que l’on peut trouver une source de plaisir même dans les activités qui semblent les plus simples : réparer un engin s’apparente par exemple à mener l’enquête pour résoudre une énigme. Le travail peut prendre la forme d’un jeu, d’une activité ludique.

Pourquoi travaille-t’on : par plaisir

Ce plaisir dans le travail est appelé par les sociologues la motivation intrinsèque, par opposition à la motivation extrinsèque (statut, salaire). Cet aspect longtemps négligé par la sociologie est difficile à appréhender à travers le prisme de la « valeur » du travail. Cette dimension s’avère de plus en plus importante à étudier, à l’heure où le nombre des possibles se multiplie (types de professions, démocratisation des études, essor d’internet et donc de l’information sur le champ des possibles) et où le choix de la carrière est de plus en motivé par des aspirations personnelles.

Pour aller plus loin : Est-ce que travailler est bon pour la santé ? et Pourquoi vous aimez détester votre travail ?.

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