Quelle entreprise pour demain ?

Futur et Travail

3/9/2017

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Jean-Hugues Zenoni

L’entreprise de demain, celle de 2030 ou de 2050, celle qu’on léguera à nos arrières petits enfants, mais n’a jamais été plus incertaine. La révolution technologique se multipliant, elle a entraîné avec elle la transformation des entreprises, mais aussi de nombreux métiers. Certains disparaissent, certains apparaissent, mais surtout, personne ne sait quelle conséquence cela aura pour les emplois.

Plus que « quelle entreprise ? », il faut aussi s’interroger sur « quel travail ? ». En effet, le temps hebdomadaire et quotidien de travail n’a plus vraiment de réalité et les emplois vont se détacher de ces règles de droit commun. Le délitement de l’organisation du travail va potentiellement remettre en cause les organisations dans leur globalité. Que ce soient les usines, les magasins, ou les bureaux tous les secteurs sont concernés.

En parallèle, des économies se développent, tendant à sortir des schémas libéraux classiques. L’entreprise de demain n’a donc pas de frontière, elle peut reposer sur l’économie collaborative et ses salariés auront un statut à mi-chemin entre l’auto entrepreneur et le salarié tel qu’on le connaît actuellement. Cette révolution marque la fin du salariat tel qu’on l’imagine et tel qu’on le connaît. C’est donc le rôle de la nouvelle génération de travailleurs de se démarquer et de s’émanciper du salariat pour créer un nouveau modèle social et économique.

Dans une organisation aplatie, où la hiérarchie a de moins en moins sa place et où la question n’est plus de savoir faire mais de savoir être, il faut réinventer le monde du travail. Le temps de travail est aussi remis en question par ces transformations car il semble difficile d’imaginer que cela reste à l’identique. En effet chacun est déjà influencé par l’apparition de la technologie dans la sphère professionnelle mais cela pourra se développer davantage avec la robotisation du travail qui demandera quelques ajustements. Le travail humain sera un travail plus intelligent, plus pointu.

Cela implique de repenser la manière donc l’entreprise s’organise puisqu’elle dépend aujourd’hui d’une manière générale d’investisseurs, d’actionnaires, de détracteurs et ne s’appartient plus1. Les organisations les plus innovantes replacent d’ores et déjà l’homme en leur centre. L’homme qui innove et comprend les mutations contemporaines. L’homme qui s’adapte et coopère dans l’intérêt commun.

Ce n’est pas simplement une douce utopie qui agite le marché du travail dans une période d’élections. C’est plutôt la prise en compte de données réalistes que beaucoup d’entreprises ne sont pas encore en mesure d’absorber. Celles qui font appel à l’externe pour gérer leur transformation numérique se voient pourtant déjà rappelé le conseil de l’accompagnement humain avant la mise en place de tout processus « outil ». En profitant de l’expertise et de la vision innovante des consultants freelance ou des cabinets de conseil, ces entreprises inventent leur futur, celui de l’entreprise de demain.

 

 

1 Armand Hatchuel et Blanche Segrestin dans leur livre « Refonder l'entreprise " (La République des idées, Seuil, 2012)

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