Quels emplois en 2050 ?

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1/5/2017

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Rochna Zaki

“Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir.”

Le trait d’esprit de l’humoriste Pierre Drac n’est pas sans nous rappeler que l’exercice de la projection et de la prévision est l’un des jeux favoris de notre société, toutes branches confondues. Prévoir, c’est se donner les moyens d’anticiper le changement, et d’être prêt lorsqu’il arrivera. C’est en ce termes que Nicolas Froissard, vice-président du Groupe SOS, première entreprise sociale européenne, a ouvert la UP Conférence “Les emplois en 2050” organisée le 15 novembre 2016 à Paris dans le cadre du mouvement UP et qui a vocation à “donner la parole à ceux qui proposent, qui font et qui fédèrent”.

Ageekulteurs, robots-coiffeurs et digital nomads

La conférence était modéree par Dorothée Barba, journaliste à France Inter et animatrice de l’émission Demain la veille. Dorothée Barba rappelle le chiffre sous-tendant la conférence : 60% des métiers des dix années à venir n’ont pas encore été inventés (selon Thomas Frey pour le Davinci Institute). Une des participantes, Anne-Caroline Paucot, co-fondatrice du groupement d’entrepreneurs du numérique Les Propulseurs, explique alors que le numérique est ce qui va fondamentalement bouleverser tous les corps de métier sans distinction : “L’agriculteur travaille de plus en plus sur ses data - il deviendra sans doute un ageekulteur.” Même chose pour le coiffeur selon elle, chez qui il sera possible de trouver la meilleure coupe de cheveux par algorithme et de la faire exécuter par des robots. Julien Fanon, Senior Manager chez Accenture Strategy, reste sceptique sur la donnée des 60% des métiers à inventer. En revanche, il cite une étude Oxford (2014) selon laquelle 47% des métiers seront “disruptés” par l’automatisation d’ici vingt ans. Selon la présidente de l’Apec (Association pour l’Emploi des Cadres), Marie-Françoise Leflon, l’emploi est surtout révolutionné par l’immédiateté et les réseaux sociaux. Ce que remarque Corentin Orsini, directeur associé chez SoonSoonSoon, c’est l’émergence des “digital nomads”. Ces nomades du numérique, tels les community managers, sont ceux qui travaillent indifféremment depuis Bangkok, Lima ou San Francisco pour la même entreprise et/ou sur la même mission grâce aux possibilités de dématérialisation de la communication et des tâches qui est offerte par le numérique. Corentin Orsini évoque également la licorne (start-up valorisée à 1 milliard de dollars) WeWork, spécialisée dans l’ouverture et la gestion d’espaces de coworking dans les plus grandes villes du monde. Leur nouveau projet ? WeLive. Le concept ? La “colocation mondialisée”, où il sera possible de louer un appartement à Madrid pour 2 semaines, puis de déménager pour 3 mois à Londres, puis de passer quelques nuits à New York ou Vienne en payant le même “abonnement” au sein de la structure WeLive.

La quête de sens

Par ailleurs, la quête de sens est une priorité essentielle des travailleurs d’aujourd’hui comme ceux de demain. Selon Julien Fanon, 14% seulement des jeunes interrogés en 2016 déclarent vouloir travailler pour une grande entreprise... ils étaient encore 25% en 2013. On voit l’impact de cette quête de sens quasi-universelle au sein des grandes entreprises, qui se lancent dans le mécénat de compétence, les projets pro bono, et la création de partenariats avec les entrepreneurs sociaux. Également évoquée, la cross-fertilisation des secteurs est le phénomène d’influence mutuelle entre différents secteurs, comme lorsque la banque est influencée par les innovations du secteur des

télécoms, ou bien que les télécoms sont incités au changement par les innovations comme les “Product Genius” de chez Apple, etc. Cependant, Marie-François Leflon recommande “une segmentation des compétences” pour une mobilisation efficace de nos ressources : l’important est de déterminer quelles compétences les jeunes devront développer pour répondre aux défis de demain.

Échec des lunettes, victoire des drones ?

Anne-Caroline Paucot souligne d’ailleurs que les lunettes de réalité augmentée étaient porteuses de beaucoup d’espoir et d’attentes voilà quelques années. Force est de constater que malgré un large investissement en capital et en recherche, leurs trésors d’innovation n’ont pas encore eu l’impact escompté dans notre quotidien. En revanche, on ne peut ignorer la poussée presque inattendue des drones sur le marché. Leur présence et les conséquences de leurs capacités sont véritablement prégnantes dans beaucoup de franges de nos sociétés aujourd’hui.

Ainsi, tous les participants concordent sur le fait qu’anticiper les emplois de 2050 nécessite avant tout une observation et une analyse fine de ce qui se passe aujourd’hui dans le monde du travail.

Quels emplois en 2050 ?

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