Logo OpenWork

Nos clients témoignent

Excellent

114 avis 4.8 sur 5 basé sur

Qu'est-ce qu'une entreprise libérée ?

2/13/2019

0 commentaire(s)

L’entreprise libérée : qu’est-ce que c’est ?


L’entreprise libérée est un concept qui a été popularisé par l’ouvrage d’Isaac Getz et Brian M.Cartney en 2012 : “Liberté & Cie : quand la liberté des salariés fait le succès des entreprises”. Ce livre bestseller recense plusieurs exemples d’entreprises dans le monde qui ont décidé de révolutionner leur organisation et leur management en donnant de la liberté à leur salariés : FAVI, Harley Davidson, Gore-Tex, IDEO, Richards Group, Sea Smoke Cellars… Le constat ? Ces sociétés rencontrent le succès et cela est dû à leur management innovant.

Qu'est-ce qu'une entreprise libérée ?

L’idée de l’entreprise libérée est de sortir de l’organisation du travail telle qu’on l’a héritée de la révolution industrielle et du taylorisme. Ces méthodes de rationalisation à l’extrême sont montrées du doigt comme étant source d’aliénation, d’infantilisation et de souffrance au travail.

Dans une entreprise libérée, fini le fameux command & control qui consiste à diriger autoritairement et contrôler ce que fait le salarié. A la place, au lieu de dire au salarié ce qu’il doit faire, on le responsabilise et on le laisse prendre des initiatives.

Finie aussi la spécialisation des tâches des employés qui, n’ayant aucune vision d’ensemble sur ce qu’ils font, en viennent à perdre le sens de leur travail. A la place, ils peuvent être responsables d’un projet, participer et proposer leurs idées au sein d’une équipe transversale et exprimer leurs talents. La fonderie FAVI, sous-traitante de constructeurs automobile située dans la Somme, a ainsi scindée son entreprise en 15 équipes autonomes ou “mini-usines”, dont chacune a son marché et ses clients et est constituée d’opérateurs polyvalents.

La conséquence logique de tout cela est la fin de la hiérarchie pesante, la bureaucratie et l’immobilisme qui ralentissent les projets dans l’attente de l’aval du N+1 ou du N+2. Dans l’entreprise libérée, il n’y a plus de chefs. A la place, il y a des personnes dont le rôle n’est plus de diriger mais d’aider et accompagner. Par exemple, dans la biscuiterie Poult, deuxième vendeur de biscuits en France, les chefs de ligne ont été supprimés pour être remplacés par des “techniciens du progrès” qui sont plutôt chargés de conseiller et d’aiguiller les ouvriers.

L’entreprise libérée repose donc sur un recentrage de l’entreprise autour de l’humain et sur la confiance envers les employés. Mais attention : cela ne signifie pas que donner de la liberté aux employés est synonyme d’anarchie dans l’entreprise. Au contraire, la liberté ne peut être acquise qu’au prix de règles strictes qui définissent les libertés de chacun et si les employés ne sont pas contrôlés sur leurs initiatives, ils ont quand même des obligations de résultat. Ce sont d’ailleurs dans les règles mêmes de l’organisation que l’on peut déceler le niveau de “libération” de l’entreprise. En effet, si l’entreprise libérée est un concept devenu populaire, la façon de l’interpréter est variée, allant de la simple disparition des pointeuses et de la suppression des postes de direction intermédiaires à un système poussé de gouvernance holacratique avec des règles contraignantes et rigoureuses.

Lire aussi : “Les 7 points qui différencient une entreprise libérée d’une organisation classique

L’entreprise libérée : un modèle pour tout le monde ?

Face à ces différences d’interprétation et de mise en place, l’auteur de la théorie, Isaac Getz, professeur à l’ESCP Europe, sonne l’alarme. L’entreprise libérée n’est pas un “modèle” d’organisation que l’on peut plaquer sur toutes les entreprises. C’est avant tout une philosophie que le dirigeant à l’initiative doit entièrement comprendre et à laquelle il doit adhérer. Il ne s’agit pas seulement de supprimer les échelons intermédiaires et les process dans une logique de réduction des coûts sans l’accompagner de la confiance, le pilier nécessaire, à la mise en place d’une telle démarche. Il est par exemple contradictoire de demander aux employés de prendre des initiatives et en même temps de vouloir les contrôler. Sans la compréhension de ce qu’est véritablement l’entreprise libérée, sa philosophie profonde et sans la volonté réelle du dirigeant d’entreprise de vouloir expérimenter quelque chose de nouveau et bénéfique pour l’épanouissement de ses salariés, cela ne peut pas fonctionner. L’entreprise libérée n’est pas une méthode ou une recette que l’on peut appliquer sans réfléchir, sans accompagner et sans consulter. Au contraire, c’est une démarche, qui doit mobiliser toutes les parties prenantes et chaque entreprise doit adapter les règles de cette nouvelle façon de fonctionner en cohérence avec son identité et les envies de ses salariés.
 

Que pensez vous de cet article ?