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Services et avantages gratuits en entreprise : faut-il se méfier ?

3/15/2021

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Le bonheur en entreprise peut-il être vraiment gratuit ?

De plus en plus d’entreprises ont compris que le bien-être de leurs employés était déterminant dans leur attractivité et dans le recrutement des talents. Les critères de sélection des employés envers les entreprises se sont aussi durcis ces dernières années. Parmi les éléments qui comptent, ce qu’a à offrir l’entreprise en termes d’avantages en nature.

Ainsi, on voit poindre de plus en plus d'entreprises “all inclusives”, offrant des services dont personne ne pourrait contester l’impact sur une culture d’entreprise de qualité : souvent gratuit, le petit-déjeuner à 8h30 ou le repas du midi laisse ensuite place aux coachs sportifs, cours de méditation, ou encore aux services aux parents comme les crèches ou conciergeries. Ces avantages “en nature” mettent en place un cadre idyllique qu’on ne pourrait refuser.

Mais même gratuit, ce cadre implique un certain type de relation entre l’entreprise et ses salariés. Les avantages en nature participent-ils vraiment à l’épanouissement ? Cet élan de générosité peut en effet être à double-tranchant.

L’empiètement sur la vie privée

En effet, derrière un petit-déjeuner gratuit proposé à 8h30 et de la nourriture en continue toute la journée, comme c’est le cas chez Google, c’est finalement, insidieusement, l’apparition de journées à rallonge que l’on peut observer.

Les repas constituant la plus grande partie des interactions sociales, proposer de la nourriture tout au long de la journée induit que ces moments d’interactions se déroulent tous au sein de l’entreprise, et de moins en moins dans sa vie privée, en dehors du bureau. La ligne est ainsi fine entre garantir le bien-être de ses employés (leur proposer de la nourriture dès qu’ils en ont besoin) et booster leur productivité (les maintenir dans l’entreprise auprès de leurs collègues le plus longtemps possible). C’est notamment pour éviter les déjeuners qui n’en finissent plus que les géants de la tech propose ce genre d’avantage gratuit : Facebook et Google sont très connus pour leur “free food”.

Ainsi, le cadre de travail et le cadre de l’emploi se confondent : ce n’est pas parce que les conditions de l’emploi (c’est-à-dire la qualité du contrat et de l’environnement de travail) sont bonnes, que l’épanouissement (c’est-à-dire les relations que l’on entretient avec ses collègues, la reconnaissance pour le travail effectué, en somme des qualités bien plus relationnelles) est au rendez-vous.

C’est ce que souligne Isabelle Barth, chercheuse en sciences du management. Celle-ci observe que “la souffrance est d’autant plus ancrée que l’environnement de travail est positif. C’est ce qu’on appelle le syndrome de la cage doré”. Choisir un confort matériel, au dépend de son épanouissement, peut-être plus facile lorsque l’avantage en nature, c’est-à-dire gratuit, se vit au quotidien.

Interroger le bonheur travail : ce que les générations Y et Z changent

Ce sentiment d’aliénation est particulièrement repoussé par les générations Y et Z, très soucieuses de leur épanouissement dans leur vie privée. Beaucoup des jeunes nés après les années 1995 choisissent en effet l’épanouissement face au confort matériel, et préfèrent le travail stimulant au CDI.

Le symptôme de la cage dorée ne semble pas les toucher : pour 40% d’entre eux (étude Opinion Way pour Mazars sur la génération Z, 2018) c’est l’intérêt pour le poste qui prime, tandis que 73% d’entre eux attendent de l'entreprise qu'elle leur permette d'organiser leurs horaires de travail, témoignant de cet équilibre vie privée-vie professionnelle qui leur est si cher. Loin des clichés qui les montrent comme de plus en plus difficiles à manager, ces générations ont donc beaucoup à nous apprendre sur notre relation au travail. Car finalement, la génération Z est-elle vraiment si différente?

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