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Syndrome imposteur : de quoi s'agit-il ?

Bonheur et Travail-Futur et Travail

11/25/2019

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Syndrome imposteur : de quoi s'agit-il ?

Le syndrome de l’imposteur est un phénomène qui a trait à la psychologie. Découvert par deux psychologues américains, Pauline Rose Clance et Suzanne Ament Imes en 1978, le syndrome de l’imposteur doit réunir plusieurs conditions pour pouvoir être reconnu comme tel :

  • L’incapacité à s’attribuer une réussite
  • L’impression d’être surestimé (et donc de bluffer son entourage)
  • La peur d’être démasqué

Souvent, il s’agit d’une perception fausse de la réalité qui joue sur le moral et le bien-être des personnes concernée.
Une étude montre que 20% de la population serait concernée (Kevin Chassangre et Stacey Callahanet, 2017). Selon les personnalités de chacun, les causes sont plus ou moins variables. Mais dans le milieu du travail, le syndrome imposteur est un grand classique. Peu de confiance en soi, penser que l’on n’est pas à sa place, que nous avons seulement eu de la chance à l’entretien, ne pas assumer ses réussites, sont des motifs que l’on retrouve très souvent chez les personnes touchées par ce syndrome. Bien évidemment et comme l’indique une certaine disparité homme-femme dans le milieu du travail (principalement par rapport au niveau de poste occupé et par rapport au salaire), ce sont en particulier les femmes qui sont touchées, comme l’indique cet article de Madame figaro. Selon Kevin Chassangre, le syndrome apparaît surtout lors de périodes de transition, pour l’obtention d’une promotion, ou le début d’un nouveau job. Comment aborder le syndrome imposteur plus sereinement ? Comment dédramatiser pour transformer ce sentiment et se sortir du devoir de légitimité appris dès l’enfance ?

Syndrome imposteur : de quoi s'agit-il ?

Syndrome imposteur : La comparaison sociale ascendante

Mais pour agir en conséquence, il faut comprendre les origines de ce sentiment que l’on ressent de ne pas être à sa place. Un des éléments à prendre en compte dans le syndrome imposteur, c’est l’effet de comparaison. En effet, c’est parce qu’on se compare aux autres, que l’on est plus susceptible de ressentir l’effet du syndrome imposteur. C’est ce que le psychosociologue Léon Festinger appelle la “comparaison sociale ascendante” : on se compare de manière irrationnelle, par exemple à son collègue ayant dix ans de plus d’expérience que nous. La bonne tactique, c’est d’inverser la tendance en transformant les personnes avec qui nous nous comparons, en mentors : ce collègue à qui vous vous comparez, peut être une personne qui peut vous apprendre beaucoup pour atteindre le même niveau de compétence que lui.

Les outils pour faire face au syndrome imposteur

Enfin, face au syndrome imposteur, quelques outils pour changer d’état d’esprit existent.

Un carnet de réussite :
Parce qu’on a souvent tendance à ne pas forcément retenir le positif, il est important de retenir ce qu’il nous a été dit. Par exemple, dès que vous finissez un stage ou faites un point dans un job avec votre supérieur, obligez vous à noter tout ce qui a été dit. Avec le temps, cela permet de revenir dessus, et repenser à des choses qu’on aurait pu oublier, par exemple que vous avons su gérer une situation de crise au travail.

Accepter les compliments :
On nous apprend souvent à minimiser les compliments qu’on reçoit “oh, non, mais n’importe quoi”, “merci beaucoup mais vraiment tu exagères”... Sont souvent des verbatim que l’on peut entendre quand l’on reçoit un compliment. Mais oser dire simplement merci, c’est ancrer ces compliments dans une réalité : ils existent car quelqu’un les a pensés. Assumer sa réussite, c’est tout un processus.

Dédramatiser :
C’est souvent au cours d’une conversation que l’on découvre que nous ne sommes pas les seuls à ressentir l’effet d’un syndrome imposteur. L’accepter et en parler librement vous permettra d’une part de vous alléger d’un poids mais aussi de relativiser face à un syndrome imposteur qui touche un grand nombre de personnes.

Relativiser la critique :
À l’inverse, lorsque vous recevez une critique, il est important de se rappeler que la perfection n’est pas forcément la bonne échelle d’évaluation : avant de tirer des leçons d’un échec, demandez-vous si la personne qui vous fait ce reproche est légitime pour vous faire un retour d’expérience pertinent. Pour vous renseigner sur la manière de recevoir la critique, vous pouvez d’ailleurs lire cet article du blog.

Pour finir, ne vous découragez pas :
Les mécanismes du syndrome de l’imposteur peuvent vraiment être inversés. Le mot qu’il faut retenir ? Le conditionnement.
Se conditionner à challenger les pensées négatives qui déforment la réalité est indispensable. Et n’oubliez pas que vous octroyer des moments de décompression pour se libérer du stress !

Que pensez vous de cet article ?