Travailler en France : le point de vue d’une expatriée

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2/14/2017

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Rochna Zaki

Ana J. a 37 ans, elle est danoise et vit à Paris depuis bientôt dix ans. Son premier contact avec l’hexagone date de 2004. Elle est alors étudiante et a choisi une grande école de commerce pour finir son cursus. Après l’obtention de son diplôme, les opportunités professionnelles se succèdent et l’emmènent en Belgique, aux Etats-Unis, au Liban…

En 2008, Ana décide de revenir en France où elle connait une ascension professionnelle fulgurante. Elle est aujourd’hui DRH d’une division internationale au sein d’un groupe de CAC40. Dans cette interview, elle nous livre son expérience d’expatriée en France.

Pourquoi la France ?

A.J. : Je suis venue dans le cadre de mes études, mon choix portait davantage sur l’école que sur le pays. Puis, je me suis attachée à la France : le mode de vie est agréable, les gens sont accessibles.

Lorsqu’une opportunité professionnelle intéressante s’est présentée, je n’ai pas hésité à revenir. Ayant fait une partie de ma formation ici, je restais en quelque sorte dans ma zone de confort.

Comment définirais-tu le management à la française ?

A.J. : Vues de l’étranger, les entreprises françaises sont perçues comme hiérarchisée, old fashioned, laissant peu de responsabilités et d’autonomie à leurs salariés. Je n’ai pas eu ce sentiment…

Dans les autres pays où j’ai travaillé auparavant, les managers prennent des décisions et les font appliquer. En France, la posture managériale consiste moins à diriger qu’à convaincre et à trouver des compromis.

Il faut consulter tout le monde, pour tout, tout le temps… Il faut savoir embarquer chacun quel que soit sa fonction, son statut. Autrement, on s’expose à des résistances. Le droit du travail français reflète à lui seul ce phénomène. C’est ce qui rend le travail challengeant, passionnant et épuisant à la fois.

A titre personnel, je trouve que cela apporte une réelle valeur ajoutée. Pour conduire des projets par exemple, on se confronte aux autres, on se teste, on enrichit notre point de vue.

C’est une culture managériale qui valorise le sens de la diplomatie, la modestie et l’écoute.

Surtout l’écoute… Les gens sont très à l’écoute à condition d’utiliser le bon packaging pour exprimer ses idées.

Comment s’est passée ton intégration ?

A.J. : J’ai été largement accompagnée par ma manager. Elle m’a apporté du soutien sur des dimensions informelles de mon intégration : la culture d’entreprise, le relationnel, l’expression… Ce sont des aspects que l’on néglige trop souvent.

Paradoxalement, le fait d’être dans une entreprise peu diversifiée a joué en ma faveur. En effet, mes collègues étaient sensibles à ma situation et toujours volontaires pour m’aider.

Dans ton poste actuel, tu manages des expatriés. Quels conseils leur donnes-tu ?

A.J. : De ne jamais oublier que les cultures de travail s’imprègnent du contexte national comme du secteur d’activité. Les secteurs d’activité ont leurs propres cultures, qui peuvent être très puissantes.

De plus, il ne faut pas tout miser sur l’adaptation au contexte local. Le tout est de trouver un juste équilibre entre l’effort d’adaptation et l’ancrage dans une culture d’entreprise et dans son champ de compétences.

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