Travailler en Italie : Comment travaille-t-on depuis le Job Act ?

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2/21/2017

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Manel El Robrini

Adopté en décembre 2014, le «Job Act» de Matteo Renzi - surnommé la loi travail italienne – a profondément réformé le travail en Italie en s’attaquant à la dualité contractuelle CDI/CDD. Deux ans après son entrée en vigueur, quel bilan pour l’emploi?

Depuis les années 1980, les réformes du marché du travail se sont succédées en Italie. Le pays dénombre aujourd’hui une quarantaine de contrats atypiques qui se sont avérés insuffisants pour flexibiliser le marché du travail et lutter contre le chômage. Entré en vigueur en mars 2015, le Job Act visait à remettre ce système à plat et à restaurer le statut normatif du CDI.

Parmi les mesures phares, cette réforme prévoyait la création d’un CDI à droits progressifs avec une période d’essai de 3 ans et l’assouplissement des conditions de recours au CDD auxquelles s’ajoutent de nombreuses incitations fiscales.

Cette réforme a d’abord eu des effets vertueux. Sur l’ensemble de l’année, le taux de chômage est passé de 12,2 % à 11,5 % et les embauches en CDI de 15% à 22%.

Toutefois, les effets se sont rapidement estompés. Dès 2016, les exonérations de charges n’ont pas pu être maintenues au niveau initialement prévu et l’année s’est soldée par une augmentation du chômage.

D’autres sources de rigidité ?

Conséquence directe de ces difficultés économiques, l’Italie fait face à une « fuite forcée des cerveaux » selon les mots du président de la République Sergio Mattarella. Malgré les réformes et la reprise de la croissance, le taux d’émigration a augmenté de 6% l’année dernière portant à 107 000 le nombre de personne à quitter le pays ; dont 40 000 moins de 35 ans.

Outre le taux de chômage élevé, le marché du travail italien présente d’autres inconvénients pour ses jeunes. A diplôme égal, l’Italie offre moins de perspectives à ses jeunes en termes de salaire et de responsabilités que les autres pays européens.

De plus, le marché du travail italien souffre d’autres rigidités notables. La place occupée par le réseau personnel et familial est régulièrement pointé du doigt. En 2011, une étude commandée par l’ISFOL (institut national de recherche pour l’emploi et les politiques sociales) avait fait grand bruit. En effet, celle-ci relève que 30% des italiens ont été embauchés grâce à une «raccomandazioni » d’un proche. Avec l’incertitude économique croissante, ce phénomène n’a fait que s’amplifier : en 1972 ce chiffre était autour de 24%.

Pour aller plus loin : Fanny Arlandis, « Tous ces Italiens qui rêvent de devenir fonctionnaire », Slate, 13/02/2017

http://www.slate.fr/grand-format/chomage-italie-concours-fonction-publique-136187

 

 

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