Travailler en Russie

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3/7/2017

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Jean-Hugues Zenoni

Quand on parle de la Russie, il est nécessaire de remettre les choses dans leur contexte. Impossible d’envisager le marché du travail dans un pays aussi vaste sans identifier les moments clés de son histoire. Après près de 70 ans sous l’égide du communisme, la Russie s’est retrouvée face à un véritable challenge social. Comment réintégrer l’ouverture des marchés quand plusieurs générations de salariés ont connu le salaire unique et la mutualisation poussée à son maximum ?

Le monde du travail est forcément influencé par l'environnement politique. Même dans les pays très libéraux l'état influence le fonctionnement des entreprises et des marchés, car ce sont eux qui conditionnent l'emploi. En Russie, l'État représente la puissance libérale. Pourtant, il régule certaines variables comme le revenu minimum ou les heures de travail. Ainsi depuis quelques années le gouvernement a imposé un temps de travail hebdomadaire de 35h, les salariés en Russie travaillent donc 6,8h par jour.

Les entreprises sont de manière générale plutôt axée sur les industries du secteur des matières premières comme le gaz ou le pétrole. Les petites et moyennes entreprises ne sont pas très nombreuses en Russie. La moitié de la population en âge de travailler se retrouve dans le secteur de l’énergie et la plupart des femmes occupent des emplois précaires ou travaillent dans des bureaux. Ce fonctionnement peut sembler très archaïque, mais la Russie n’a pas encore achevé sa transformation sociale. Le gouvernement de Poutine, au pouvoir depuis une vingtaine d’années tend à renforcer ces critères.

La bureaucratie au cœur du système entrepreneurial

Il ne faut pas négliger cet aspect du fonctionnement des entreprises et des administrations en Russie. Même si depuis les années 1990 le pays a vécu un gros changement politique et économique, son fonctionnement reste marqué par des décennies de communisme. Le système est très hiérarchisé et cette hiérarchie se positionne à tous les niveaux, que ce soit personnel ou professionnel. Cela entraîne un environnement très formel avec des procédures de décision plutôt longues. Pourtant, le droit n’est pas très protecteur. Pas pour les salariés principalement. Ces derniers peuvent encore aujourd’hui se faire licencier sans préavis sans vraiment de recours à leur disposition.

La question du salaire minimum reste fondamentale tandis qu’une partie de la population russe vit en dessous du seuil de précarité. Le salaire minimum est fixé à 79€ soit 6201 roubles en 2016. Dans les grandes villes tout coûte très cher : se loger, se nourrir. En revanche, les salariés russes touchent en moyenne $433 mensuels en 2016 et le salaire minimum est fixé à $116 dollars mensuels. Ils n’ont pas accès à un véritable système de retraites et vieillissent souvent très pauvres. La part des salariés travaillant dans les villes principales du pays est de près de 75% ce qui explique la très grande pauvreté des campagnes où les gens ont peu de revenus et peu de perspectives.

 

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