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Un certain niveau d’ indétermination pour bien fonctionner...

6/23/2014

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Benoit Debray

Un certain niveau d’indétermination pour bien fonctionner - La grande quantité d’interactions au sein et autour d'une entreprise génère de l'incertitude et donc un certain niveau, difficile à réduire, d'indétermination. Pour tenter de le maitriser, on cherche souvent à sophistiquer les outils de reporting au risque parfois de se créer un alibi justifiant l’immobilisme. Une trop grande dépendance des systèmes d'information avec la fonction finances gène l'agilité: quel dommage de subordonner des solutions modernes d'animation des équipes et de consolidation de savoirs à la production de rapports très complets mais tournés vers le passé !

Dans une société de l'information, la performance n'est elle pas plutôt de savoir mobiliser l'intelligence collective et les connaissances des différents acteurs (personnel, partenaires, clients) ? Ceux qui me reprocheraient un manque d'indulgence envers les financiers - puissent ils me pardonner ! - pourront jeter un coup d'oeil sur le lien suivant..

En fait, il faudrait accepter l’idée qu’une entreprise a besoin d'un certain niveau d’indétermination pour bien fonctionner, ce qui exprime un lien entre ordre et désordre, entre organisation et désorganisation. N'observe t on pas pas que des phénomènes désordonnés, comme des crises, contribuent souvent à la production de phénomènes organisés, lesquels contribuent à l’accroissement de l’ordre ? Malgré l'anxiété qu'il peut susciter, un certain désordre ne pourrait il pas équilibrer le caractère simplificateur de l’ordre ?

Il se trouve que le cerveau humain s'accommode très bien d'un peu de désordre car, contrairement aux ordinateurs, il a la possibilité de travailler avec du flou et de l'indéterminé. L’organisation de la pensée humaine diffère en effet fondamentalement de celle des calculs faits par un ordinateur. La pensée est intuitive et créatrice mais peu rigoureuse. A l’opposé, les machines sont très rapides et très fiables, mais sans la moindre intuition ni faculté d'adaptation. C'est ce fossé qui rend si difficile le passage d’une idée de business à sa modélisation sous la forme d'une feuille de calcul. Evidemment les deux aspects sont complémentaires pour faire un bon business plan.

Le déterminisme réduit l'incertitude mais son usage excessif cache des potentiels créateurs de richesse. Le déterminisme fixe utilement les limites des objets mais leurs frontières deviennent floues quand on se met en  mouvement. Avec le temps, l’état de l'entreprise en mouvement devient de moins en moins dépendant des conditions initiales ce qui réduit d'autant l'intérêt des modèles explicatifs du passé et leur efficacité pour faire des prévisions.

Alors levons la tête et constatons que, soumise à un environnement désordonné, l'entreprise s'en distingue en affirmant son autonomie et son individualité. Elle y parvient en intensifiant ses échanges, en interne et avec son environnement. Ces échanges lui permettent de résister à un changement imposé et poursuivre son développement. Cette aptitude assure son maintien dans un environnement relativement stable mais si les évolutions sont trop fortes, elle peut aussi la conduire à son déclin. La bonne trajectoire doit donc s’ajuster finement à l'environnement,  c'est à dire en oscillant entre ordre et désordre.

On conçoit alors que l’ entreprise, menacée par des attaques extérieures, le soit aussi et parfois plus encore, par des forces internes qui agissent comme des freins. En conséquence, les déclencheurs du mouvement sont à rechercher dans l’environnement alors que les forces de résistance se situent à l’intérieur.

En fonction du niveau de tolérance au désordre que l'on est prêt à supporter, l’environnement présente beaucoup plus d’opportunités que de menaces !

Un certain niveau d’ indétermination pour bien fonctionner, Benoit Debray

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