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Une organisation où les salariés sont libres : Officience

Bonheur et Travail

5/9/2018

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Officience : une organisation où les salariés sont libres !

Pourquoi certaines personnes ont peur de l’entreprise ? Parce qu’elles ont peur de perdre leur liberté. L’entreprise est vue comme un environnement pyramidal où l’on est toujours contrôlé par quelqu’un au-dessus de soi, un milieu étouffant, emprisonnant, que certains aimeraient bien fuir. Pourtant, d’autres modèles, qui respectent l’épanouissement et la liberté des individus semblent possibles...

Officience : une tribu de salariés libres et responsables

Officience est à l’origine une entreprise fondée par Duc Ha Duong et Sylvain Pierre au Vietnam en 2006. Son cœur d’activité : fournir des services numériques généralistes (allant de la retouche d’image au développement d’applications web et mobiles ou support client). Jusque-là, une entreprise classique, direz-vous…

Pourtant, en 2012, un déclic se crée. Alors que créer son entreprise peut être vu comme un moyen d’être libre et indépendant, d’être son propre patron, les cofondateurs d’Officience se sont rendus compte que certains clients étaient pires que les pires des chefs. Et surtout qu’ils avaient créé une organisation pyramidale avec 200 Vietnamiens qui avaient tous un chef. Au fur et à mesure que l’entreprise grandissait, ils devenaient de moins en moins libres.

Ils ont alors opéré de grands changements managériaux dans leurs façons de travailler et l’organisation de l’entreprise… qu’ils appellent désormais “tribu”. Ils ont détruit le système pyramidal et par conséquent, la moitié du job de manager qui consiste à contrôler ceux qui sont en dessous de lui.

Concrètement, comment ça se passe ?

Remplacer les liens d’autorité par des liens d’influence

Sur le même modèle qu’internet et les réseaux sociaux, les individus d’une entreprise ne dépendent pas uniquement d’un chef au-dessus d’eux mais sont en réalité liés à une multitude d’individus avec qui ils travaillent ou qu’ils admirent. Chez Officience, personne ne peut donner d’ordre à quiconque. Les salariés choisissent leurs influenceurs dans l’entreprise et prennent leurs décisions en toute responsabilité, à condition de consulter les personnes qui ont un avis éclairé sur la question et qui seront impactées par cette décision.

Remplacer la supervision par la coordination

Responsabiliser les salariés et leur faire confiance est un moyen d’économiser le temps et l’argent qu’une entreprise dépense dans le contrôle de ses employés. Une grande partie du job de manager est de superviser les autres. Remplacer la supervision par la coordination, la consultation et l’intelligence collective, c’est aussi faire évoluer un métier dont les tâches de supervision pourront à terme être remplacées par des algorithmes.

Remplacer le management par le leadership

Certes, le métier de manager est amené à évoluer et à être de moins en moins dans le contrôle et la supervision… mais il remporte aussi de nouvelles fonctions et attentes. On attend des managers qu’ils ne soient plus des superviseurs mais des leaders : des personnes exemplaires, qui incarnent les valeurs de l’entreprise et qui pourront inspirer les autres.

Un leader ne s’impose pas et encore moins n’est nominé par une promotion de la DRH. Les leaders sont des leaders parce que les autres décident de les suivre, ils dépendent donc des autres. Le manager, une fonction de l’entreprise qui fonctionne traditionnellement de manière top-down, fonctionne ainsi à l’inverse, de manière bottom-up lorsqu’on sort du modèle pyramidal.

À lire également sur le blog d'OpenWork : Le Management de l'Impossible, impossible is nothing? et L’auto-management : l’exemple de Morning Star Company

 

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